Résidus nicotiniques tardifs et toxicité pour l’organisme


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“Résidus nicotiniques tardifs et toxicité pour l’organisme” par le Docteur Erard de Hemricourt. On connaît les risques du tabagisme actif ainsi que ceux du tabagisme passif à la fois sur le système cardiovasculaire et le système bronchique. La consommation de tabac demeure à notre époque un enjeu de santé publique majeur. Or on apprend que les résidus nicotiniques trouvés dans la fumée suite à la consommation de cigarettes et qui se déposent sur les textiles à l’intérieur des habitations ainsi que sur les sièges de voitures peuvent au long cours (même après plusieurs mois) s’associer chimiquement à l’acide nitreux pour produire des nitrosamines qui sont des substances au potentiel fortement cancérigène.

L’acide nitreux est un polluant bien connu de l’environnement intérieur. Une étude plutôt théorique avait montré en février dernier les risques au long cours associés à la fumée dite de ‘troisième main’. Cette fumée de ‘troisième main’ correspond tout simplement aux substances nicotiniques (et autres) produites par la consommation de tabac et qui peuvent être retrouvées localement longtemps après la fin de consommation du tabac et cela même après plusieurs mois.


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Les cigarettes contiennent plus de mille substances toxiques, irritantes et cancérigènes pour l’organisme vivant. Une fois la cigarette allumée, elle produit une fumée toxique qui se dépose progressivement sur les surfaces (tissus et parois) environnantes tout particulièrement dans les zones mal ventilées (habitat de voiture, petites pièces).

On apprend tout récemment par une publication dans la revue Atmospheric Environment du mois de juillet 2010 (Sleiman et al. Secondary organic aerosol formation from ozone-initiated reactions with nicotine and secondhand tobacco smoke. Atmospheric Environment, 07-2010) que l’ozone (atmosphérique ainsi que celui utilisé dans l’industrie) peut s’associer avec la nicotine (tabagisme actif ou passif) pour former des particules ultrafines qui posent une menace bien réelle pour l’arbre bronchique surtout pour les personnes à risques à savoir les bébés, les vieillards et les personnes souffrant déjà d’asthme ou de bronchite chronique.

Citant l’un des auteurs principaux de l’étude, le chimiste Mohamad Sleiman : « notre étude révèle que la nicotine peut réagir avec l’ozone pour former des aérosols organiques secondaires avec des particules de moins de 100 nanomètres et devenir une source principale de substances toxiques à long terme ».
De même : « en raison de leur taille et de leur surface de distribution, ces particules ultrafines ont la capacité de porter et de déposer des résidus chimiques organiques potentiellement délétères en profondeur dans le tractus respiratoire inférieur avec la promotion d’un stress oxydatif local ». Toujours selon Sleiman, les personnes âgées et les très jeunes sont particulièrement à risque.

Il est important de préciser que cette toxicité sur l’arbre bronchique peut persister pendant plusieurs mois après l’arrêt de la consommation de cigarettes. À cet égard, il est donc vivement recommandé aux fumeurs d’éviter autant que possible de fumer à proximité directe des enfants et des personnes âgées et de toujours bien ventiler l’endroit où l’on fume (vitres de voiture, fenêtres de l’appartement, etc …).

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé – Tous droits réservés ©


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