La progestérone comme agent thérapeutique en cas de traumatisme crânien


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“La progestérone comme agent thérapeutique en cas de traumatisme crânien” par le Docteur Erard de Hemricourt. À l’occasion de la réunion annuelle de l’AAAS (American Association for the Advancement of Science), un ensemble de nouveautés scientifiques a été dévoilé au grand public dont une sur le plan médical qui a tout particulièrement retenu mon attention. Il y a une vingtaine d’années, le Dr Donald G. Stein, actuellement Professeur de Médecine d’urgence à l’Emory School of Medicine et Directeur du Laboratoire de Recherche sur le Cerveau en Médecine d’Urgence, a été l’un des premiers à montrer l’action neuro-protectrice de la progestérone et son efficacité thérapeutique après un traumatisme crânien associé à des lésions cérébrales. Quand l’on sait qu’aux Etats-Unis survient un accident traumatique avec lésions cérébrales toutes les 15 secondes, on comprend mieux la pertinence de ses recherches. Grâce à la persévérance de ce médecin, une première étude clinique a été menée il y a quelques années à l’université Emory sur une centaine de patients et les premiers résultats viennent d’être révélés la semaine dernière à San Diego. Il semble que l’administration précoce de progestérone, par voie intraveineuse, dans les toutes premières heures après un accident traumatique entraînant des lésions cérébrales, permette de réduire de manière importante le risque de complications à long terme – le handicap étant réévalué six mois après l’accident. De plus, et là réside toute l’importance de la progestérone à mon sens, cette hormone féminine permet, d’après les premiers résultats, de réduire de 50% le risque de mortalité des patients traumatisés. Le mécanisme n’est pas encore clair mais on sait que la progestérone est produite in loco en quantité faible mais mesurable dans le cerveau de l’homme et de la femme et que le cerveau humain est rempli de récepteurs spécifiques à la progestérone. Au vu de ces résultats très optimistes, une étude de grande amplitude va bientôt être débutée (mars 2010) et s’étalera sur une période de 5 ans. Cette étude, appelée ProTECT III (étude de phase III pour les spécialistes), va associer 17 centres hospitaliers sur le territoire américain et a pour but de démontrer sur un panel beaucoup plus grand (plus de 1000 patients) l’efficacité réelle de la progestérone en administration précoce et rapide après un traumatisme crânien avec lésions cérébrales.

Pour paraphraser le Dr Wright, principal investigateur de l’étude annoncée : « aucun nouveau traitement n’a été approuvé au cours de ces 30 dernières années dans la prise en charge des lésions cérébrales traumatiques sévères. Après un tel succès prometteur dans les études de laboratoire et les premiers essais cliniques, nous espérons prouver avec cette étude nationale que la progestérone, en association avec les traitements classiques, fonctionne mieux que les traitements classiques pris de manière isolée, en réduisant les lésions cérébrales secondaires à un traumatisme».


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