Détection précoce de certains cancers par la respiration


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“Détection précoce de certains cancers par la respiration” par le Docteur Erard de Hemricourt. Le cancer tue chaque année des millions d’individus de par le monde en grande partie en raison de son diagnostic tardif, lorsque la maladie se trouve déjà à un stade avancé. Or, plus un cancer est détecté précocement, plus on a de chances d’en guérir. Il faut rappeler que la grande majorité des décès dus au cancer ne résultent pas du cancer initial lui-même mais des métastases secondaires qui ont eu le temps d’essaimer au sein de l’organisme et qui provoquent les complications rencontrées au stade final.

Afin de réduire la mortalité due aux cancers, il existe entre autre plusieurs méthodes de dépistage bien précises en fonction du type de cancer étudié. Cependant, certaines méthodes sont encore sujet à controverse comme par exemple l’utilité de l’emploi du scanner thoracique dans le dépistage du cancer pulmonaire chez les fumeurs. D’autre part, certaines techniques de dépistage comme la colonoscopie sont des techniques relativement fiables mais peu aisées, invasives et peu agréables pour le patient.


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Afin de faciliter le dépistage précoce de la maladie cancéreuse, plusieurs équipes de chercheurs ont analysé la possibilité de détecter certains « marqueurs tumoraux » dans l’air expiré. On sait depuis les années 1970 que la croissance tumorale s’accompagne de l’émission de composés organiques volatiles dans l’air expiré (Singer SJ, Nicolson GL ; Science (1972) ; 175 : 720-731). Ces dernières années, plusieurs chercheurs ont montré que les modifications liées à la progression tumorale pouvaient être détectées directement dans le sang et par la suite, par échange gazeux, se retrouvaient dans l’haleine du patient.

Une équipe de scientifiques israéliens vient justement de publier les résultats de leurs recherches dans le dernier numéro du British Journal of Cancer du mois d’août 2010 (Br J Ca (2010) 103 ; 542-551) concernant la détection précoce de certains cancers au moyen de nanoparticules d’or. Les résultats de cette équipe montrent qu’il est relativement facile d’identifier la présence au stade initial des tumeurs pulmonaires, mammaires, coliques ou prostatiques. Et cela, indépendamment de l’âge, du sexe ou du mode de vie du patient. Le biosenseur utilise un réseau de nanoparticules d’or afin de détecter, dans l’haleine du patient, les composés organiques volatiles produits par la présence des cellules tumorales dans l’organisme.

La sensibilité de la technique est assez élevée et se mesure en partie par milliard (ppb) ce qui signifie grosso modo qu’il est possible avec cette méthode de détecter la présence d’un millionième de gramme de tissu dans une masse d’un kilogramme.

D’après le Professeur Abraham Kuten, coauteur de l’article, cette étude montre que l’utilisation de leur ‘nez électronique’ permet de faire la distinction entre des individus sains et ceux porteurs d’une tumeur et que ce ‘nez’ permet également de différencier plusieurs types de cancers différents. Toujours d’après lui, si les prochaines études à grande échelle permettent de confirmer les premiers résultats encourageants de leur méthode, on pourrait très facilement utiliser cette méthode de dépistage non invasif, en parallèle des techniques d’imagerie médicale à moyen terme. On pourrait même utiliser cette technique pour suivre l’efficacité des traitements anti-tumoraux.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé©2010


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