Obésité-surpoids : une pilule peut-elle remplacer le sport?




Photo : Peter van der Sluijs ( C.C 3.0 )

Une simple pilule peut-elle réellement remplacer l’activité physique dans la lutte contre l’obésité ? La question se pose après la publication d’une étude américaine menée par des chercheurs du Harvard Stem Cell Institute (HSCI).

Menée en laboratoire, elle a permis de révéler que deux molécules avaient la faculté de transformer la graisse blanche considérée comme « néfaste » en graisse brune  considérée comme «bénéfique » car, au lieu de stocker les lipides comme la graisse blanche, elle brûle les calories.

« L’intérêt pour le domaine des graisses brunes a beaucoup augmenté ces dernières années parce que leur capacité à brûler de l’énergie en fait une possible cible thérapeutique contre l’obésité et le diabète » déclarait il y a quelques mois à peine le Docteur Paul Lee de l’Institut de recherche médicale Garvan de Sydney (Australie).

Pour en revenir à cette étude, les chercheurs auraient réussi à mettre au point un traitement capable d’éliminer chez l’animal 30% du surplus de graisse. De là à en conclure qu’une simple pilule soit capable de remplacer le sport dans la lutte contre l’obésité, c’est aller un peu vite en besogne…

Rappelons que cette étude, qui doit être confirmée par d’autres résultats, n’a pas été menée sur l’homme mais en laboratoire. D’autre part de nombreuses étapes seront nécessaires afin qu’un traitement puisse éventuellement voir le jour et surtout être sans danger pour l’être humain.

Dans tous les cas,  une pilule ne remplacera jamais les bénéfices de l’activité physique qui, comme vous le savez, ne se limitent à la perte de poids.Rappelons que le sport, c’est bon pour la santé en règle générale.

Malheureusement de moins en moins d’individus en font. Que ce soit chez les enfants, les adolescents ou les adultes, on assiste à une réduction progressive et alarmante du niveau d’activité physique depuis plusieurs années

L’occasion de revenir sur un article publié par le Docteur Erard de Hemricourt en 2010 sur l’importance de l’activité physique dans la lutte contre le cancer.

Les données scientifiques les plus récentes confirment massivement les divers avantages que procure l’activité sportive à savoir une réduction globale de la mortalité, une incidence moindre des pathologies cardiovasculaires et du risque de thrombose cérébrale, une diminution du risque d’hypertension artérielle, une amélioration du profil lipidique, une survenue moindre de diabète de type II et du syndrome métabolique, une meilleure prise en charge de l’excès de poids et de l’obésité, un impact positif sur l’humeur et la qualité du sommeil, …

Il existe par contre un autre élément encore plus important que les personnes en bonne santé et les malades ignorent : il s’agit de l’impact profond que peut avoir la pratique sportive sur certains types de cancer.

Récemment, à l’occasion d’un congrès annuel de la Société européenne contre le Cancer, une étude a confirmé l’importance de l’activité physique régulière dans la prévention et la prise en charge de certaines pathologies cancéreuses. D’après cette étude, parmi tous les nouveaux cas de cancers diagnostiqués sur le territoire européen en 2008, 124.000 ont été causés par un excès de poids. Les chercheurs anglais qui sont arrivés à cette conclusion estiment que l’obésité ou la surcharge pondérale pourrait devenir la première cause de cancers chez les femmes au cours de la prochaine décennie ! Toujours selon ces mêmes chercheurs, le pourcentage des cancers féminins liés à l’obésité varie beaucoup selon les pays. Il est de 2,1% pour le Danemark et atteint 8,2% pour les femmes tchèques.

De même, selon une étude réalisée il y a quelques années au prestigieux centre de cancérologie M.D. Anderson au Texas, par rapport à une population normale, des jeunes de 14 à 19 ans en surpoids présentaient un risque accru de plus de 60% de développer un cancer du pancréas au cours de leur vie. Non seulement, toujours d’après cette étude, l’excès de poids augmente le risque de développer ce cancer, mais il influence également l’âge d’apparition de la maladie (survenue plus précoce en cas d’obésité) ainsi que la survie globale au moment du diagnostic (sachant que la survie à 5 ans pour le cancer du pancréas reste très mauvaise et en général inférieure à 5%).

Selon le Dr Christine Friedenreich qui a, en 2008, compilé les données de 180 études épidémiologiques, toutes les analyses de suivi confirment que l’activité physique joue un rôle indéniable dans la réduction du risque du cancer du côlon chez l’homme et la femme et du cancer du sein chez la femme en post-ménopause. Le rôle de l’activité physique est considéré comme ‘probable’ concernant le cancer de la prostate et ‘possible’ pour le cancer du poumon.

Selon une vaste étude européenne, l’étude EPIC pour ne pas la nommer, la pratique d’une activité physique importante et régulière entraîne une réduction de 20% du risque de développer un cancer du côlon et de près de 30% concernant le cancer du sein chez la femme post-ménopausée. Par contre, l’obésité après la ménopause entraîne un sur-risque de 30 à 50% de développer un cancer du sein.

L’activité physique régulière n’influence pas uniquement la survenue des cancers en diminuant la surcharge pondérale. Plusieurs autres mécanismes peuvent expliquer cette relation. Certains articles scientifiques ont montré qu’une activité physique régulière s’accompagne d’une réduction du taux d’hormones sexuelles biologiquement actives dans le sang. Il faut également savoir que l’obésité abdominale est très souvent à l’origine d’un excès de production d’œstradiol dans l’organisme en raison de l’activité importante d’une enzyme, l’aromatase, présente en grande quantité dans les cellules graisseuses (adipocytes). Cet état d’hyperœstradiolémie explique par exemple la gynécomastie souvent rencontrée chez les hommes obèses. En agissant sur la masse graisseuse, et plus particulièrement sur le tour de taille, l’activité physique va réduire indirectement la fabrication d’œstradiol dans le corps humain. Les sportifs de longue haleine sont donc moins exposés au cours de leur vie à l’influence des hormones sexuelles ce qui, particulièrement chez les femmes, peut diminuer assez fortement le risque de développer certains types de cancer hormono-dépendant (sein, endomètre, ovaire). De plus, l’activité physique régulière va modifier le profil insulinique et réduire la production de l’IgF1, substance souvent augmentée dans certains cancers comme celui du côlon, de la prostate, du sein ou des poumons.

On l’a vu, il est important de pratiquer une activité physique régulière. Mais combien de temps par semaine doit-on y consacrer ? Les études indiquent que la relation durée/efficacité de l’exercice physique est assez linéaire pour autant qu’on se situe entre 3 et 7h par semaine. Le type d’activité physique n’a quant à lui pas vraiment d’importance : jogging, marche, course, vélo, … Toute activité physique est bonne à prendre.

Il en est également de même pour les patients déjà malades du cancer. En effet, parmi les nombreuses études de suivi clinique réalisées depuis une dizaine d’années, le Dr Friedenreich a récemment confirmé qu’une activité soutenue avant et après le diagnostic de cancer mammaire avait une influence positive sur l’évolution de la maladie et la survie globale. Cette relation est surtout observée chez les patientes en surcharge pondérale et en présence de tumeur hormono-sensible (Carmen Nicole West-Wright – 2009). De même, on estime qu’une activité physique modérée à raison de trois heures par semaine est associée à une réduction de 39 à 59% du risque de mourir des suites du cancer du côlon chez l’homme et la femme (Meyerhardt – 2006).

Malgré cela, le constat est amer ! Non seulement les patients atteints de cancer ne pratiquent pas d’activité physique significative ou en font même moins depuis le diagnostic de leur cancer, mais encore, leurs médecins traitants ou leurs cancérologues ne sont pas toujours les premiers à les encourager à modifier leurs habitudes alimentaires et à les pousser à complètement abandonner leur mode de vie sédentaire. C’est triste car il suffit seulement d’une bonne paire de chaussures et d’un peu de volonté ! par le Docteur Erard de Hemricourt.

Surpoids et obésité : les 15-25 ans de plus en plus touchés

Le saviez-vous  ? L’obésité touche de plus en plus souvent les ados et les jeunes adultes. Si de nombreuses études ont déjà été publiées sur le sujet, peu sont intéressées aux 15-25 ans. Et pourtant cette population est bien plus concernée qu’il n’y paraît.

Une récente enquête Ipsos-Logica Business Consulting menée pour le compte de Doing Good Doing Well a récemment dévoilé qu’un  jeune  français sur trois rencontrait aujourd’hui des problèmes de surpoids et/ou d’obésité.

Ce sont les mauvaises habitudes de vie qui expliquent en grande partie cette “triste” réalité,  des habitudes de vie identifiées depuis longtemps  comme des facteurs d’obésité .

Parmi ces mauvaises habitudes il y a le fait de manger devant un écran (ordinateur, console, télé…), de ne pas manger à heure fixe, de sauter des repas ou de grignoter.

Dans le détail 61% des jeunes français disent manger au moins une fois sur deux leur repas devant un écran, 54% ne pas manger au moins un repas sur deux à heure fixe ou bien encore 77% à prendre seul au moins un repas sur deux.

Parmi les autres comportements pouvant favoriser le surpoids ou l’obésité, on note  le peu de temps consacré aux repas, le fait de boire des sodas pendant les repas  et ne pas consommer suffisamment de fruits et de légumes, mais aussi la sédentarité.

De mauvaises habitudes qui surviennent à un moment critique de transition, celui du passage à la vie adulte.

Aujourd’hui on le sait la surcharge pondérale (surpoids et obésité) est associée à une augmentation du risque de plusieurs cancers primaires et  augmente le risque de plusieurs  autres maladies (diabète, maladies cardio-vasculaires et respiratoires…)

Pour Hélène Roques , Directrice de Doing Good Doing Well « Il faut changer radicalement de dimension en matière de lutte contre l’obésité, le surpoids et l’obésité qui atteignent les jeunes nuisent à la santé et au développement personnel de façon souvent irréversible ».