Nouveau marqueur sanguin dans la détection très précoce du diabète de type II




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“Nouveau marqueur sanguin dans la détection très précoce du diabète de type II” par le Docteur Erard de Hemricourt. Une équipe de chercheurs suédois a réussi à mettre en évidence un nouveau marqueur sanguin permettant d’identifier longtemps à l’avance les personnes à risque de développer un diabète de type II.

Le diabète de type II est une maladie métabolique de plus en plus fréquemment rencontrée dans nos contrées et qui reste principalement liée à nos modes de vie toxiques (sédentarité, prise de poids, mauvaise alimentation). Il s’agit également d’une maladie souvent (trop) tardivement identifiée, au moment où les premières complications vasculaires apparaissent entraînant des neuropathies, rétinopathies ou atteintes rénales.

L’équipe du Dr Anders Rosengren du centre de diabète de l’Université de Lund en Suède vient de publier un article portant sur l’identification d’une nouvelle molécule sanguine appelée SFRP4 (Secreted Frizzled-Related Protein 4 Reduces Insulin Secretion and Is Overexpressed in Type 2 Diabetes. Taman Mahdi et al. Cell Metabolism, 16(5) pp. 625 – 633; DOI: 10.1016/j.cmet.2012.10.009).

Dans une déclaration, le Dr Rosengren précise que les individus présentant un taux élevé de SFRP4 sont cinq fois plus à risque de développer au long cours un diabète de type II.

Pour arriver à ce résultat, les chercheurs suédois ont analysé au cours du temps le sang de patients non diabétiques et se sont rendu compte qu’il existait une certaine corrélation entre un taux élevé de SFRP4 et la survenue de la maladie diabétique : 37 % des patients ayant un taux augmenté de cette protéine avaient développé un diabète de type II contre seulement 9 % des patients avec un taux normal ou peu élevé.

Il s’avère donc d’après le Dr Rosengren que le SFRP4 correspond à un marqueur important du risque diabétique indépendant des autres facteurs de risque tels que l’âge ou l’obésité.

Cette protéine est connue pour intervenir dans certains processus inflammatoires et l’équipe suédoise pense que la découverte de ce marqueur vient renforcer la théorie selon laquelle ce serait une inflammation chronique à bas bruit qui ‘épuiserait’ les cellules bêta du pancréas et entraînerait une insuffisance de production de l’insuline.

Il semble donc que le SFRP4 doive non seulement être considéré comme un marqueur du risque à venir mais également comme un des éléments clé du processus inflammatoire en cours au sein du pancréas.

Et le Dr Rosengren de rajouter : « Si nous pouvions utiliser, par une simple prise de sang, ce marqueur pour démontrer un éventuel risque auprès d’individus en apparente bonne santé longtemps à l’avance, ce pourrait être une motivation importante pour modifier le mode de vie afin d’en réduire ce risque ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
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