Messieurs, le tabac peut nuire à la santé de votre cerveau




Campagne "Tueurs payeurs" Crédits : ©Ligue contre le Cancer

Les méfaits du tabac et ses conséquences sur la santé sont connus depuis fort longtemps. Rappelons qu’aujourd’hui le tabac est la première cause évitable de mortalité en France (60 000 morts par an dont 37 000 par cancer) et les chiffres publiés récemment par la Ligue contre le Cancer ne sont guère encourageants. Ils font en effet état d’un retour en arrière d’au moins 10 ans puisque la consommation est repartie à la hausse dans notre pays (+ 2 % entre 2005 et  2010)

Outre la nette hausse des prix du tabac qui vient d’être décidée par le gouvernement (+7.6% au 1er octobre), une étude britannique va peut-être finir de convaincre les plus récalcitrants.

Menée par des chercheurs de l’University College London, cette étude révèle que le tabagisme masculin aurait pour conséquence un déclin mental plus rapide chez les fumeurs que chez les non-fumeurs surtout à un âge avancé (perte de mémoire, difficulté à utiliser des connaissances passées pour agir au moment présent…).

Pour le moment ce phénomène, que les scientifiques ne s’expliquent pas vraiment, n’a pas été observé chez les femmes. Parmi les explications avancées par l’équipe de Severine Sabia  : une plus forte consommation de tabac chez les hommes; un nombre insuffisant de femmes ayant participé à l’étude.

Menée durant 25 ans auprès de 5.099 hommes et de 2.137 femmes, fumeurs et âgés de 56 ans au départ, cette étude a révélé que les hommes ayant continué à fumer durant la durée de l’étude avaient eu de mauvais résultats dans tous les tests effectués (mémoire, usage du vocabulaire et les fonctions exécutives).

Pas mieux pour ceux qui, dans les dix ans précédant les premiers tests, ont décidé d’arrêter de fumer puisqu’un risque plus élevé de déclin mental a également été observé chez eux.

Seules les personnes ayant décidé d’arrêter de fumer depuis plus longtemps ont obtenu de bons résultats aux tests, aucun recul de leurs capacités mentales n’ayant été observé.

Pour les auteurs de l’étude “cette étude met en lumière un facteur de risque de plus pour la démence dans une population vieillissante”