Panique autour des prothèses mammaires PIP




Food and Drug Administration - photo non contractuelle

Le mois de décembre a été obscurci par le nouveau scandale sanitaire des prothèses mammaires PIP (Poly Implant Prothèse). L’annonce de cas de cancer et de décès de femmes portant ces implants a créé un mouvement de panique. Affolées, les patientes ont souhaité se faire retirer leurs prothèses et se sont constituées partie civile.

De leur côté, les autorités sanitaires ont rappelé qu’elles n’ont pas constaté de risque accru de cancer par rapport aux femmes non-porteuses d’implants ; Par contre elles ont bien établi le lien entre la rupture de l’implant et les inflammations dues à un gel de silicone non conforme. Un risque d’autant plus grand que le taux de rupture des prothèses PIP est particulièrement élevé, 15% à 20% à cinq ans soit 5 à 7 fois plus que les autres marques. A titre préventif et sans caractère d’urgence, le ministre du Travail et de la santé propose aux 30 000 femmes concernées en France de se faire explanter ces prothèses. Les frais liés aux interventions de retrait seront pris en charge par l’assurance maladie, ce qui devrait représenter un montant total de 60 millions d’euros maximum.
En 2010, l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) s’était rendu compte que le gel de silicone utilisé par PIP était différent de celui qui avait été déclaré lors de la mise sur le marché et avait demandé le retrait de ces implants.
La société PIP, ayant occupé jusqu’à un tiers du marché des prothèses mammaires dans le monde, le scandale prend une dimension planétaire. 65 pays sont concernés notamment en Amérique du Sud et en Europe de l’Ouest et de l’Est… Là aussi, les femmes se regroupent en associations pour réclamer justice et le remboursement de l’extraction des implants. Certains chiffres font état de 400 à 500 000 femmes porteuses d’implants PIP dans le monde.
Tous les médias régionaux, nationaux et internationaux ont repris l’information, beaucoup s’interrogent sur les procédures de contrôle qualité, sur la qualité de l’information transmise aux patientes par les chirurgiens esthétiques.

L’état de santé financière des hôpitaux
Dans son éditorial du 5 décembre, Jean-Francis Pécresse rédige un plaidoyer pour l’hôpital. Selon lui, les hôpitaux ne sont pas les seuls responsables de leur déficit, « certes encore supérieur à 400 millions d’euros ” (433 millions d’euros en 2010 contre 466 en 2009) ce qui rend “improbable le retour à l’équilibre initialement prévu pour 2012” ». Il pointe les corporatismes internes habilement dissimulés sous la bannière de l’intérêt des malades et cite un projet de regroupement de services de nuit sous-utilisés qui a pour effet de priver les médecins d’une source de revenus, leurs gardes et astreintes
Il reconnaît aux hôpitaux leur reprise de parts de marché au privé notamment en obstétrique et chirurgie, conséquence, selon lui, de la loi Bachelot de 2008 “qui a enfin fait du directeur le vrai patron de l’hôpital . (…) et aussi, fruit des efforts des agents.”
Quelques pages plus loin, Vincent Collen note que les recettes des hôpitaux ont augmenté de 2,8 % en 2010. Elles proviennent en très grande majorité de l’assurance-maladie, à laquelle les actes sont facturés, et, dans une proportion bien moindre, des mutuelles et des patients (pour les frais d’hôtellerie notamment). Quant aux charges, elles ont un peu moins gonflé (+ 2,7 %), « ce qui explique l’embellie, limitée, des comptes ».
A noter que les CHU sont moins nombreux à être dans le rouge : «seulement» 21 en 2010. Brest, Poitiers, Limoges, Tours sont excédentaires. Mais “Lyon, Marseille ou l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris affichent toujours des déficits abyssaux”. Les plus petits hôpitaux dont l’activité est inférieure à 20 millions d’euros, sont globalement dans le vert. Cependant, si la masse totale des déficits a diminué, on compte plus d’établissements déficitaires en 2010 (223) qu’en 2009 (203).

L’épineuse question des prêts
Alors que la banque Dexia, prêteur historique des collectivités locales est en cours de démantèlement, le Nouvel Obs du 13 décembre constate une désaffection des banques pour ce secteur : de 20 à 25 acteurs les organismes bancaires ne sont plus que 3 ou 4 aujourd’hui voire moins à répondre à leurs besoins de financement. Principales raisons avancées : “la mise en place prochaine de normes réglementaires dites de Bâle III, défavorables aux prêts de long terme, ceux justement dont les collectivités ont besoin”, l’absence de dépôt, l’importance des encours, la difficulté de trouver de la liquidité d’où une majoration du coût du financement.

Dénouement en vue pour le paiement des RTT aux médecins
Le 12 décembre Vicent Collen annonce dans les Echos l’imminence d’un accord sur le paiement des RTT des médecins : pas moins de 2 millions de journées à 300 euros soit 600 millions au total, disposition découlant de l’application des 35 heures à l’hôpital. Les hôpitaux qui ont déjà provisionné entre le tiers et la moitié devront inscrire l’intégralité des sommes dans leurs comptes dans un délai de 3 et 5 ans. Reste aussi à préciser comment les médecins feront valoir leur droit d’option : se faire payer ces journées, les transformer en points pour leur retraite, les prendre sous forme de congés.

Les professionnels de santé dans le cœur des français
88 %* de la population fait globalement confiance aux professionnels de santé. Pour les infirmiers les scores atteignent des sommets avec 94%. Les médecins généralistes sont crédités d’un honorable 90% quant aux médecins hospitaliers leur cote se stabilise à 88% . Une ombre au tableau : leur disponibilité et une préoccupation massivement partagée : l’accès aux soins. Anne Jeanblanc qui commente ces résultats dans le Point du 6 décembre note que  « 63 % des Français considèrent que les médecins généralistes ne sont pas bien répartis sur le territoire et 67 % que les infirmiers ne sont pas assez nombreux. Même en Ile-de-France, les habitants se plaignent des défauts d’égalité d’accès aux soins » .
Autre enseignement : quatre français sur dix déclarent avoir déjà renoncé à des soins pour eux-mêmes ou pour un membre de leur foyer, et un quart à plusieurs occasions par manque de moyens financiers (notamment les jeunes) et 30 % à cause d’un délai d’attente trop long.

Côté prévention
Alors que le Père Noël a déposé une collection de jouets high tech au pied du sapin, Xavier Pommereau du CHU de Bordeaux, publie « Nos ados.com en images » chez Odile Jacob. Dans cet ouvrage, le responsable du Centre Abadie pour adolescents décode l’univers connecté des ados, leurs codes, leurs médias, leurs réseaux sociaux… ces technologies peuvent devenir les supports d’une nouvelle relation thérapeutique.  Le thérapeute rappelle aussi aux parents l’importance de leur rôle de transmission, de porteur de sens et de valeur auprès de leurs enfants, experts en visuel et en numérique « mais encore immature émotionnellement ». cf interview de Pascale Senk publiée dans le Figaro du 14 décembre.

*chiffres issus du baromètre du Groupe Pasteur Mutualité “La confiance des Français à l’égard des professionnels de santé” réalisé avec l’institut de sondage ViaVoice et de l’étude Harris Interactive pour l’agence régionale de santé d’Ile-de-France.

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