Carence en vitamine D et sclérose en plaques : cela se précise



Vitamine D (CC 2.0)

« Carence en vitamine D et sclérose en plaques : cela se précise » par le Docteur Erard de Hemricourt. Nous avions déjà évoqué auparavant les relations ambiguës existant entre taux d’ensoleillement et taux sanguin de vitamine D (25-hydroxyvitamine D) d’une part et apparition de la sclérose en plaques d’autre part.

Pour rappel, la sclérose en plaques constitue une maladie auto-immune à manifestation variable, affectant le système nerveux (central ou périphérique) et médiée par une attaque immunitaire vis-à-vis de la myéline, sorte de substance lipidique protégeant les neurones.

Nous savons également que la vitamine D représente une réelle hormone aux (très) nombreuses facettes agissant à de multiples endroits au sein de notre organisme et produite par l’action de certains rayons solaires, les ultra-violets B (UVB), directement sur la peau. Et donc, pas de soleil, pas d’UVB et pas d’UVB, pas de vitamine D.

Certains spécialistes en neurologie s’étaient déjà intéressés à la problématique géographique liée à l’apparition des cas de sclérose en plaques : il semble en effet exister une relation entre l’importance des cas décrits et la localisation sur le globe terrestre. Plus on s’éloigne de l’équateur, plus le nombre de cas de maladie augmente. C’est justement cela qui avait mis la puce à l’oreille de certains épidémiologistes qui en avaient conclu que le facteur causal dans le déclenchement et l’aggravation de cette maladie était en fait le taux sanguin de vitamine D parfois fortement réduit.

De nouvelles données publiées cette semaine dans la revue Neurology viennent étayer cela (Vitamin D as a protective factor in multiple sclerosis. Jonatan Salzer et al. Neurology. November 20, 2012 vol. 79 no. 21 2140-2145). Des chercheurs suédois ont analysé plus de 190 000 échantillons sanguins prélevés depuis 1975 sur 164 000 individus vivant au nord de la Suède. Précisons que ces individus n’étaient pas porteurs de maladies neurologiques et qu’une grande partie d’entre elles était des femmes enceintes.

Au cours des années de suivi, les chercheurs ont enregistré un total de 192 cas de sclérose en plaques sur les individus testés (avec 37 cas dans la population pédiatrique – enfants nés des femmes testées). Selon les résultats collectés, il semble en effet exister une certaine relation entre taux de vitamine D et développement des cas de sclérose puisque les individus qui avaient un taux élevé de vitamine D (supérieur à 75 nmol/l) avaient 61 % moins de risque de déclarer la maladie par rapport aux personnes présentant un taux réduit. Cependant, les analyses n’ont pas pu retrouver cette même relation pour les enfants nés de mères testées et ayant développé une sclérose en plaques.

Avant d’avancer plus loin dans les conjonctures, précisons que cette étude comme la plupart des études préalables n’est « qu’observationnelle » et qu’elle n’apporte pas l’élément de preuve absolu démontrant noir sur blanc le lien de causalité. Mais devant l’importance des études préalables déjà publiées, les auteurs suédois restent convaincus que le coupable ‘idéal’ se cache derrière la vitamine D.

Plusieurs études dites « interventionnelles » sont en cours et ont pour but de confirmer ou d’infirmer une éventuelle influence entre la supplémentation en vitamine D et l’apparition de nouveaux cas de sclérose en plaques ou l’aggravation de maladies déjà existantes.

Selon le Dr Andrew Solomon de l’Université du Vermont aux États-Unis, il existe actuellement une énorme quantité de preuves qui montrent que la carence en vitamine D reste l’un des éléments majeurs dans l’apparition de la maladie neurologique. Ce médecin recommande également à ces patients une prise quotidienne de 2000 à 4000 UI de vitamine D.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
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