Légère hausse de la consommation d’antibiotiques



Au mois d’Août dernier on  se réjouissait de la baisse de la consommation d’antibiotiques en France. Un rapport de l’Agence française du médicament révélait ainsi une baisse de la consommation de 13,5% au cours de la décennie écoulée.

Aujourd’hui l’Institut de Veille Sanitaire (InVS) confirme cette baisse dans son dernier Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) et précise  que cette baisse est limitée, cette dernière s’étant principalement concentrée sur les 5 premières années.

Car depuis 2006, la tendance repart à la hausse. Ainsi et selon l’InVs « Les cinq premières années ont été marquées par une baisse régulière de la consommation, quel que soit le niveau des pathologies hivernales, tandis que les six dernières se sont caractérisées par une évolution en dents de scie, à pente légèrement ascendante« .

En Août dernier l’Agence française du médicament faisait le même constat soulignant une légère reprise de la consommation depuis 2005.

Deux rapports aux conclusions identiques qui confirment que les français restent parmi les plus le plus gros consommateurs d’antibiotiques, avec un niveau nettement supérieur à la moyenne européenne. Les Français consomment ainsi trois fois plus d’antibiotiques que les Néerlandais et deux fois plus que les Allemands et les Britanniques.

A noter une consommation plus élevée chez les femmes de 15 à 35 ans et dans le Nord de la France précise Europe 1.

L’occasion de rappeler que  le nouveau Plan Antibiotiques fixe un objectif chiffré en matière de réduction des consommations  de l’ordre de 25% d’ici 2016. Pour atteindre cet objectif  l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a récemment appeler à ne pas relâcher les efforts afin que les habitudes de prescription et le comportement du public puissent à terme être efficacement infléchis.

Aujourd’hui, et alors que la situation française est loin d’être satisfaisante, il est plus que jamais nécessaire de renforcer les efforts de moindre usage, en cohérence avec le Plan national pour préserver l’efficacité des antibiotiques.

Parmi les évolutions qui préoccupent l’ANSM on retrouve l’extension de l’usage des céphalosporines de 3ème génération; le recours de plus en plus fréquent à l’association amoxicilline-acide clavulanique, ou – concernant le secteur hospitalier – l’usage accru de la colistine et des carbapenems.

Aujourd’hui l’InVS précise que les 3/4 des antibiotiques prescrits en France sont destinés à soigner des angines, otites, sinusites ou encore des bronchites mais aussi de nombreuses affections courantes pour lesquelles l’antibiotique est loin d’être utile (1 cas sur 4).