Les échographies foetales commerciales : un scandale sanitaire ?



Depuis quelques années les échographies foetales, notamment celles en 3 D, deviennent un véritable commerce. Il suffit de surfer sur la toile pour s’en convaincre et trouver ce type d’offres purement commerciales. Ces échographies sont la plupart du temps réalisées en dehors de toute indication médicale.

C’est pourquoi le Collège national des gynécologues et obstétriciens français tient à tirer la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié hier le CNGOF rappelle que si l’exposition aux ultrasons de chaque zone du foetus est brève dans le cadre d’une échographie médicale, ce n’est pas le cas lors d’une échographie commerciale.

Pour ce type d’échographie il est en effet nécessaire d’exposer en continu aux ultrasons des parties localisées du foetus, en particulier le crâne et les organes génitaux. Or on sait que les risques d’exposition prolongée aux ultrasons ne sont pas nuls, tout particulièrement sur le cerveau et l’oeil du foetus. Cela se vérifie surtout au premier trimestre ou si la future maman a de la température. C’est d’ailleurs pourquoi on recommande de limiter cette exposition au niveau le plus faible possible.

En 2004 déjà l’académie de médecine donnait un avis défavorable concernant cette pratique. Un an plus tard l’Afssaps recommandait aux femmes enceintes de « ne pas exposer inutilement leur foetus aux ultrasons » tout en les invitant à réserver les échographies foetales à un usage médical.

Aujourd’hui pourtant rien n’a changé. Les offres sont même de plus en plus nombreuses d’où le coup de gueule du CNGOF

« Faudra-t-il attendre que l’on publie des cas d’effet délétère des fortes expositions des foetus aux ultrasons pour faire cesser ces pratiques commerciales ? » s’interroge le Professeur Jacques Lansac, Président de la Commission Nationale d’Echographie Obstétricale et Foetale.

Evoquant des commerçants sans scrupule qui se soucient bien peu des recommandations et des risques éventuels pour le foetus, le CNGOF s’étonne que les autorités sanitaires continuent de rester sourdes aux appels répétés des professionnels.

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