Allergies respiratoires : une préoccupation citoyenne et de santé publique



Comité Français d’Observation des Allergies - DR

D’après les résultats de l’étude « les Français, l’environnement et les allergies respiratoires », réalisée pour le Comité Français d’Observation des Allergies (CFOA) par l’institut CSA.

Les résultats de l’étude « les Français, l’environnement et les allergies respiratoires » démontrent non seulement l’évolution de la maladie et la forte préoccupation qu’elle engendre chez la population française mais surtout le besoin d’une meilleure prise en compte et une meilleure information sur les allergies respiratoires, jugées aujourd’hui insuffisantes.

Classées au 4ème rang des maladies chroniques dans le monde par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les allergies respiratoires représentent un réel problème de santé publique et de société. Souvent considérées comme des pathologies bénignes à l’exception de l’asthme, les allergies et notamment les allergies respiratoires (asthme, rhinites, rhino-conjonctivites) constituent pourtant aujourd’hui un sujet de préoccupation grandissant. Dans les pays industrialisés, le nombre de personnes souffrant d’allergies respiratoires n’a cessé d’augmenter depuis plus de trente ans. En France, aujourd’hui, une personne sur quatre (soit 16 millions de personnes) est victime d’une allergie respiratoire.

Une inquiétude grandissante face à une maladie de civilisation

Cette réalité sanitaire n’échappe pas aux Français dont la moitié s’est déclarée préoccupée par les allergies respiratoires lors de l’étude « les Français, l’environnement et les allergies respiratoires », réalisé pour le Comité Français d’Observation des Allergies (CFOA) par l’institut CSA, et menée auprès d’un échantillon national représentatif de 1050 personnes âgées de 15 ans et plus. Ce sont surtout les femmes (52%), les 30-49 ans (52%) et les CSP1- (53%) qui font preuve de plus d’inquiétude. Cette enquête montre aussi que l’inquiétude des Français face aux allergies respiratoires diffère selon les régions où ils habitent. En effet, les habitants des banlieues (52%) et des centre villes (47%) sont davantage soucieux de l’évolution de la maladie par rapport à ceux vivant dans des communes isolées (33%) ou rurales (44%).

Allergies et pollution : un cocktail détonant pourtant non reconnu

Force est de constater que les changements environnementaux ainsi que le mode vie moderne ont beaucoup impacté l’évolution des allergies respiratoires.

« Le monde moderne dans lequel nous vivons favorise l’évolution des allergies respiratoires. En effet, l’environnement et les modes de vie influent sur nos gènes et donc le développement de la maladie. Depuis plus de vingt ans, les allergies respiratoires sont en constante évolution, ce qui est certainement dû à certains polluants provenant de composants organiques dits « volatiles » (évaporation de gaz, de fumées industrielles…) qui peuvent aggraver une allergie ou même la déclencher.», explique le Pr. Daniel Vervloet, pneumologue allergologue (Marseille) et président de la Fédération Française d’Allergologie (FFA). « L’allergie est une maladie qui touche tout le monde, c’est une maladie de civilisation parce que celle-ci est liée à l’évolution des pays industrialisés avec notamment l’augmentation des pollutions de toute nature (intérieures et extérieures). Ce sont nos modes vies actuels qui ont aggravé la situation. », ajoute le Pr. Daniel Vervloet.

Pourtant, seuls un tiers des Français se sentent exposés à la pollution extérieure et ils sont encore moins à se sentir exposés aux polluants intérieurs (24%). Des différences existent selon la région : les Franciliens se sentent plus exposés aux pollutions extérieures que les habitants de province (48% contre 31%), ce qui s’explique aisément par la plus forte présence de pollution extérieure en milieu urbain, pollution qui potentialise l’allergie respiratoire.
« Il faut savoir que nous vivons 20h sur 24h en intérieure (domicile, travail, voiture…), un environnement très favorable aux déclenchements d’allergies respiratoires. Combinés aux sources de pollutions extérieures (par exemple, les pollens qui entrent dans une maison) les réactions allergiques peuvent en être plus fortes. », précise le Pr. Daniel Vervloet, mettant en avant le danger que constitue le mélange des deux.

Un risque étendu dans l’inconscient collectif

35% des non allergiques considèrent comme probable le risque de souffrir un jour d’allergies respiratoires. Un chiffre plus élevé que la prévalence actuelle de la maladie. Cette proportion monte à 40% chez les 50-60 ans et 41% parmi les CSP-. La croissance rapide, de ces dernières années, des allergies respiratoires renforce probablement la perception d’un risque élevé de devenir allergique.

De plus, 25% des personnes allergiques interrogés dans cette étude estiment souffrir davantage de leur allergie cette année comparée à l’année dernière. Ceci s’explique surement par la forte saison pollinique que nous vivons depuis mars 2011.

Les Allergies respiratoires : un manque d’information pour mieux les prendre en charge

L’étude révèle que les Français ont besoin d’informations sur le sujet. Interrogés sur les thèmes sur lesquels ils souhaiteraient être informés en priorité, les Français déclarent vouloir d’abord recevoir des informations sur les causes des allergies respiratoires (44%), avant les traitements (38%), les facteurs aggravants (32%) et le lien entre environnement extérieur et allergies (27%). « Les allergies présentent de multiples visages et provoquent des symptômes très différents selon la forme allergique (eczéma quand il s’agit d’allergies alimentaires ou rhino-conjonctivite dans le cas d’allergies respiratoires). Il existe un réel manque d’information sur la maladie et sur les traitements. Pour la société, les allergies ne sont pas graves car très fréquentes. Pourtant, les cas d’allergies respiratoires sont souvent mal ou très tardivement diagnostiqués. Les patients et les professionnels de santé n’ont pas le réflexe de s’adresser directement à un allergologue. De plus, les patients se soignent parfois eux-mêmes et ne sont donc pas conscients de la gravité de leur maladie. », constate le Pr. Daniel Vervloet.

Des attentes fortes à l’égard des pouvoirs publics

Les Français estiment que le sujet est peu pris en compte et sont favorables à des actions publiques concrètes pour permettre une meilleure prise en charge. Deux tiers sont ainsi favorables à la mise en place d’un programme d’information obligatoire dans les écoles primaires (67%) et d’une campagne d’information et de prévention destinée au grand public (65%). D’autres solutions sont évoquées telles que l’indication du potentiel allergisant des plantes sur les emballages, l’indication sur les niveaux de pollens constatés en France dans les bulletins météorologiques ou encore la mise en place par le gouvernement d’un Plan National Allergie.

Les Français mettent en évidence un réel besoin d’éducation sur l’allergie respiratoire. A ce titre, ils attendent des pouvoirs publics des actions concrètes.

« Parce que les allergies respiratoires sont de plus en plus fréquentes, parce qu’elles représentent un poids pour les patients et impactent beaucoup sur leur qualité de vie. Et aussi parce que l’allergologue, qui est un acteur clé pour aider les patients, pratique une fonction non reconnue par les pouvoirs publics, nous avons créé un Collectif pour faire des allergies respiratoires une Grande Cause Nationale en 2012. Nous souhaitons, grâce à ce label, faire avancer les choses. », conclut le Pr. Daniel Vervloet.

Impliquer encore plus les citoyens dans la réflexion sur l’impact des allergies respiratoires : une conférence de citoyens

Cette étude confirme à nouveau haut et fort que les allergies respiratoires représentent une véritable préoccupation citoyenne. Face à leur expansion, les Français expriment une inquiétude et un besoin de mieux connaître les allergies respiratoires pour améliorer la prise en charge des patients allergiques. Anticipant ce constat, le CFOA s’est engagé, en partenariat avec l’IFOP, dans une véritable démarche citoyenne en réunissant citoyens, professionnels de santé et responsables d’associations au sein d’une Conférence de citoyens pour débattre et apporter un avis éclairé sur les questions des allergies respiratoires et leur impact sur la qualité de vie des patients.
Dans une approche innovante, le CFOA a recueilli l’opinion de quinze citoyens. Lors d’une première étape, encadrés par des formateurs allergologues et des experts d’horizons différents, ces panelistes, reflétant la diversité de la population française en termes d’âge, de CSP et de géographie, se sont informés sur le sujet. Ensuite, ils ont dressé un état des lieux des limites et lacunes dans la prise en charge des patients atteints d’allergies respiratoires (rhinite allergique et asthme allergique) et sur l’impact de ces maladies allergiques respiratoires sur la vie quotidienne des malades. La restitution publique de cet état des lieux citoyen se déroulera le 12 octobre 2011, face à un panel d’experts et aux pouvoirs publics.

En attendant ce moment « citoyen », le CFOA souhaite prolonger ce débat et invite tous ceux qui le souhaitent à témoigner et/ou poser une question sur ces sujets via facebook : http://petitlien.fr/facebookCFOA.

Cette page permet à chacun de trouver l’ensemble des informations sur la Conférence de citoyens, l’action du CFOA et plus largement la question des allergies respiratoires. Elle est actuellement enrichie d’interviews des panélistes et des membres du collectif. Pour prendre la parole au sujet des allergies respiratoires, rendez-vous au http://petitlien.fr/facebookCFOA

Source : communiqué presse Comité Français d’Observation des Allergies

1 Catégorie socioprofessionnelle. Selon l’Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE), les C.S.P.- correspondent à la catégorie de la population française ayant un revenu inférieur à la moyenne (23 490€/an soit 1900€ nets/mois). Sont classés dans la catégorie C.S.P.- les employés et personnel de service, les ouvriers et les autres personnes sans activité professionnelle