La quasi-totalité des femmes enceintes exposées à des polluants chimiques toxiques



La quasi-totalité des femmes enceintes exposées à des polluants chimiques toxiques par le Docteur Erard de Hemricourt. Voici une étude qui risque de faire beaucoup de bruit dans le monde médical. Selon des chercheurs américains, la quasi-totalité des femmes américaines enceintes présenteraient dans leur sang de très nombreux polluants chimiques toxiques, dont certains auraient même été bannis de la surface de la terre voilà plus de 30 ans.

Ainsi, une équipe de chercheurs californiens a utilisé les données d’une étude réalisée entre 2003-2004 sur un total de 268 femmes enceintes (étude NHANES – National Health and Nutritional Examination Survey) pour ensuite les analyser. Les résultats de cette étude viennent d’être publiés dans la revue Environmental Health Perspectives (Environmental Chemicals in Pregnant Women in the US: NHANES 2003-2004. Woodruff TJ et al., Environ Health Perspect 2011, doi:10.1289/ehp.1002727).

Selon ces données, 99 % des femmes enceintes présentaient dans leur sang à des taux divers un cocktail d’environ 163 substances chimiques appartenant à des familles bien distinctes. Les chercheurs ont ainsi retrouvé en particulier des PCB (polychlorobiphényles), des pesticides organochlorés (dont le fameux DDT interdit sur le sol américain en 1972), des PFC (perfluorocarbures), certains composés phénolés, des PBDE (Polybromodiphényléther), les fameux phtalates qui servent à rendre le plastique (alimentaire ou autre) plus flexible, durable et transparent, les tout aussi dangereux hydrocarbures polycycliques aromatiques (polluants puissants de l’environnement atmosphérique – substances cancérigènes, mutagènes et tératogènes) et pour finir des perchlorates.

Les scientifiques américains ont également retrouvé chez 96 % des femmes testées du Bisphénol A, composé chimique utilisé dans l’industrie dans le but de renforcer la solidité du plastique, par exemple dans les biberons. Le Bisphénol A sera par ailleurs bientôt interdit (courant 2011) dans les biberons européens en raison, entre autres, de son rôle de perturbateur endocrinien (action oestrogénomimétique).

Les auteurs de l’article ont, au vu des éléments récoltés dans cette étude, exprimé leur stupéfaction devant l’importance des molécules retrouvées dans le sang maternel en insistant sur le fait qu’on ne connaît que peu de données précises sur le rôle que pourraient avoir ces substances toxiques, aux doses retrouvées, sur la mère et surtout le développement fœtal.

Les auteurs rappellent également que le but de cette étude est d’identifier et de comptabiliser les substances chimiques potentiellement toxiques et non pas d’étudier, au cas par cas, le rôle effectif de ces substances sur la santé de la mère et du futur bébé.

Pour rappel, d’anciennes études avaient quant à elles montré que l’exposition à certaines des substances toxiques retrouvées dans l’étude californienne augmentait le risque d’accouchement prématuré, augmentaient la probabilité de malformations in utero, élevaient la morbidité infantile et pouvaient également influer sur l’espérance future du bébé.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés