NutriNet-Santé : le premier bilan



nutrinet-afficheAu mois de mai 2009 le Ministère de la Santé décidait de recruter 500 000 internautes (sur 5 ans) dans le cadre du grand programme NutriNet-santé ! Objectif de ce projet : étudier pendant 5 ans les comportements alimentaires et les relations nutrition santé de 500 000 internautes recrutés via le site internet http://www.etude-nutrinet-sante.fr et faire ainsi progresser la recherche publique sur les comportements alimentaires et les relations Nutrition-Santé.

Aujourd’hui premier bilan… 104 356 internautes ont déjà répondu à l’appel et les premières tendances font état d’importantes disparités qui s’expliquent à la fois par des traditions régionales de consommation mais également par des facteurs socio-économiques que caractérisent les différentes régions.

Avant d’y revenir, sachez que les chercheurs appellent à dépasser les objectifs initialement fixés en termes de calendrier et espèrent pouvoir recruter 100 000 nouveaux volontaires dans les 6 mois à venir. Pour cela ils lancent un appel au volontariat. Si vous êtes intéressés, voilà comment ça se passe. Pour devenir membre de la cohorte NutriNet-Santé il faut être âgé de 18 ans, habiter en France métropolitaine et dans les départements d’Outre-Mer avoir accès à Internet et disposer d’une adresse e-mail.

Ensuite vous devrez absolument remplir 5 questionnaires concernant vos caractéristiques sociodémographiques et votre mode de vie, votre état de santé, vos mesures anthropométriques (poids, taille…), votre activité physique dans la vie quotidienne et votre alimentation (3 jours d’enquête).

Chaque année il vous faudra mettre à jour vos informations et ce durant 5 ans. D’autre part, dans le cadre de leur suivi, vous recevrez participant un e-mail vous informant de l’avancement de l’étude et de l’actualité en Nutrition et Santé. Il vous sera également proposé de remplir d’éventuels questionnaires complémentaires utiles aux chercheurs pour mieux évaluer l’état nutritionnel et la santé des participants (20 minutes maximum pour remplir un questionnaire). Alors intéressés, si oui inscrivez-vous en cliquant ici

Revenons maintenant au premier bilan. Même si pour ce type d’étude plusieurs années de surveillance sont nécessaires pour tirer des conclusions, des premières tendances sont déjà disponibles sur les comportements alimentaires et l’état nutritionnel des 50 000 premiers sujets inclus. Elles mettent en évidence d’importantes disparités aussi bien régionales que socio-économiques. C’est vrai aussi bien pour les apports alimentaires , contrastés selon les régions, que pour la prévalence de l’obésité.

D’importantes disparités apparaissent en ce qui concerne la consommation de fruits, légumes, pommes de terre, poisson, fruits de mer, beurre, huile, margarine, fromages et charcuterie. Ainsi on consomme plus de fruits et légumes dans le sud de la France que dans le nord, plus de fruits de mer en Bretagne qu’en Lorraine, plus de beurre en Normandie qu’en PACA, plus de charcuterie en Auvergne qu’en Ile-de-France.

En résumé et pour faire court, on retrouve un gradient Nord-Sud pour les fruits et légumes, une France du beurre et une France de l’huile (notamment de l’huile d’olive). Les régions du Nord et de l’Est de la France sont caractérisées par des apports alimentaires moins favorables à un bon équilibre nutritionnel.

Autre disparité importante, elle concerne la prévalence de l’obésité qui varie également selon les régions et les disparités sociales. Ainsi la prévalence de l’obésité est plus élevée chez les sujets à bas revenus ou à faible niveau d’éducation. Sur le plan régional, certaines régions sont plus touchées par l’obésité que d’autres. L’obésité est plus importante en Nord-Pas de Calais, Lorraine Picardie, moins importante en Midi-Pyrénées, Aquitaine, Bretagne ,Limousin et PACA.

On retiendra également qu’une femme sur 3 de poids normal se trouve trop grosse et 2 sur 3 voudraient peser moins ! Ainsi 30 % des femmes de poids normal se trouvent trop grosses (contre 13% des hommes) et 63 % d’entre-elles (donc de poids normal) voudraient maigrir contre 30 % des hommes.

Ces premières tendances mettent en évidence que les comportements alimentaires et l’état nutritionnel sont fortement influencés par le niveau d’éducation générale et de connaissance nutritionnelle, les facteurs culturels, l’offre alimentaire et le niveau socio-économique. L’image idéale de minceur, véhiculée par les médias et le monde de la mode, est sans doute un élément explicatif du nombre important de femmes, notamment de corpulence normale, se trouvant trop grosses et surtout souhaitant maigrir.

Nutrinet-Santé une initiative commune du Ministère de la Santé, de la Direction Générale de la Santé (DGS), de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), de l’Institut National de Prévention et d’Education pour la Santé (INPES),de la fondation pour la Recherche Médicale (FRM) et du personnel de l’Inserm, l’Inra, le Cnam et l’Université Paris 13. L’étude est dirigée par le Professeur Serge Hercberg, professeur de nutrition à l’Université Paris 13 et directeur d’une unité Inserm/Inra/Cnam/P13.

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