Femmes enceintes : mangez du poisson, votre enfant vous en remerciera !



femmeenceinte (2)« Femmes enceintes : mangez du poisson, votre enfant vous en remerciera !  » par le Docteur Erard de Hemricourt. Vous avez très certainement déjà entendu parler des oméga-3. Peut-être en consommez vous également, comme environ 10% de la population. Mais oui, ces fameuses substances miracles que l’on trouve en pharmacie, et ailleurs, et que les industriels (malins) commencent à rajouter parfois à outrance dans des produits de consommation courante comme la margarine ou certains produits laitiers. Mais connaissez-vous bien les oméga-3 ? Les oméga-3 font partie de la famille des acides gras polyinsaturés. Un acide gras est dit insaturé lorsqu’il contient au moins une double liaison chimique. Parmi les AG polyinsaturés existent deux familles très importantes : celle des oméga-6 et celle des oméga-3. Et pour corser un peu le sujet, parmi les oméga-3 (ces fameux AG si bénéfiques pour l’organisme), on dénombre trois constituants principaux à savoir l’acide alpha-linolénique (ALA), l’acide éicosapentaénoïque (EPA) et enfin notre fameux DHA, l’acide docosahexaénoïque.

Les acides gras de la famille des oméga-3 et 6 sont dits essentiels car ils ne sont pas produits par l’organisme humain et doivent donc être fournis par l’alimentation. Les oméga-3 sont soit d’origine végétale pour l’ALA, soit d’origine animale pour le DHA et l’EPA. On trouve par exemple le DHA et l’EPA dans les poissons gras comme le saumon, le maquereau, le hareng ou les anchois. Les oméga-3 possèdent un rôle antagoniste vis-à-vis des oméga-6 et interviennent dans une série de processus de contrôle dans la physiologie de l’organisme humain. Ils possèdent entre autres une action essentiellement anti-inflammatoire. De plus, le DHA se caractérise par une particularité supplémentaire car il intervient directement dans la constitution des membranes cellulaires et particulièrement celles des cellules nerveuses. L’incorporation de cet AG polyinsaturé dans les lipides membranaires va induire une plus grande fluidité des membranes et une plus grande déformabilité de la cellule.

Le cerveau humain contient grosso modo 100 milliards de neurones et chaque neurone, comme d’ailleurs chaque cellule du corps humain, est constitué d’une membrane cellulaire lipidique. Cette membrane cellulaire est principalement formée de phospholipides dans lesquels on trouve en très grande quantité du DHA. Comme cela a été dit plus haut, le DHA participe donc directement à la formation des membranes cellulaires. Il faut également retenir que plus de 60% du poids du cerveau est fait de graisse ! En cas de carence importante en DHA, les neurones ne seront pas malformés mais seront par contre plus fragilisés. Leur membrane étant moins fluide, plus rigide, ces cellules seront moins aptes à communiquer avec le milieu extérieur. Une carence importante et chronique en DHA aura des conséquences sur le plan clinique comme l’ont montré plusieurs études de suivi de population qui ont souligné une association entre l’état carenciel en DHA et une augmentation des signes de dépression nerveuse, troubles de la personnalité et autres démences. Le DHA en prise chronique sous forme alimentaire (poissons gras) ou sous forme de comprimés est donc utile et même nécessaire pour l’adulte. Mais il l’est encore plus pour la femme enceinte et son futur bébé comme nous allons le voir.

Au cours de la grossesse, une série de réactions très complexes et parfois encore mal expliquées se produisent et conduisent à la formation et à l’agencement des différents organes et tissus du futur bébé (organogénèse). Ainsi, c’est vers la 3e semaine que la première ébauche du futur cerveau commence à apparaître et en quelques mois, on assiste à la création de plusieurs dizaines de milliards de cellules avec parfois un taux de production dépassant les 250.000 neurones par minute. On estime qu’après 16 semaines soit 4 mois, la division des neurones s’arrête. Donc bien avant la naissance, le nombre maximal définitif de neurones est atteint et ne changera pas ou presque pas. Par contre, par la suite, on assiste à l’élaboration d’abord lente puis progressivement croissante des synapses.
Pour que les neurones soient bien formés, il leur faut de la matière première et un des constituants principaux est le DHA. Le DHA intervient directement dans la neurogénèse et la neuroplasticité. De plus, certaines études récentes ont montré que le DHA, outre son rôle structurel important dans les membranes cellulaires, possédait un autre rôle également crucial : celui de moduler l’expression de certains gènes humains (Lipids – 2001; 36(9) : 885-95). En effet, le DHA va agir sur le contrôle de la transcription de l’ADN nucléaire des cellules neuronales et va favoriser soit positivement ou soit négativement l’expression de dizaines de gènes différents. Par exemple, le DHA va agir sur l’expression de certains récepteurs à la dopamine. On voit donc que l’action de la DHA sur le cerveau et particulièrement sur le cerveau de l’embryon est multiple.

Connaissant le rôle primordial joué par le DHA dans l’élaboration des structures cérébrales pendant la grossesse, des chercheurs ont voulu étudier le bénéfice potentiel d’une supplémentation en DHA dès le début de la grossesse. Depuis les années 1990, les études expérimentales et cliniques ont montré qu’une supplémentation en DHA à raison de 500 à 3 gr/j chez les femmes enceintes a un impact direct positif sur le développement cognitif de l’enfant et entraîne une amélioration ultérieure de l’apprentissage et du langage. De plus, le taux de DHA étant également très important dans les cellules de la rétine, l’apport de DHA dans l’alimentation pendant la grossesse améliore l’acuité visuelle du bébé. D’autres études ont par ailleurs montré qu’il est tout aussi important de maintenir des apports suffisants en DHA pendant la grossesse qu’après l’accouchement en cas d’allaitement maternel. Selon une étude publiée tout récemment (JAMA – 2009 ; 301(2) : 175-82), les bébés de sexe féminin nés prématurément avant la 33e semaine qui bénéficient d’un supplément en DHA via l’allaitement maternel présentent des résultats supérieurs aux enfants non supplémentés quand ils sont par la suite confrontés à des tests cognitifs (évaluation de la mémoire, capacité à résoudre des problèmes, compréhension des chiffres et du langage). L’apport supplémentaire du DHA pourrait également agir sur l’évolution normale de la grossesse. Selon une étude parue en 2002, une faible consommation de poisson gras au début de la grossesse serait liée à un risque plus élevé d’accouchement prématuré (British Medical Journal – 2002 ; 324 : 447-450).

On le comprend ici, la femme enceinte doit particulièrement faire attention à son alimentation et éviter toute carence nutritionnelle qui pourrait être néfaste au développement de son enfant. Ce que mange la femme aura un impact immédiat sur son bébé. C’est pourquoi les experts internationaux recommandent aux femmes enceintes de consommer au moins deux fois par semaine un repas à base de poisson gras. Si pour une raison ou une autre, cela n’est pas possible, on pourra substituer le poisson alimentaire par des compléments de DHA sous forme de gélules à raison de 500 à 1000 mg/j. Selon les statistiques américaines, moins de 2% des femmes enceintes consomment assez de DHA pendant leur grossesse et la consommation moyenne journalière des femmes américaines n’est que de 50-70 mg. Heureusement, en Europe, les femmes en consomment légèrement plus (100-150 mg/j) mais cette consommation moyenne varie beaucoup en fonction des pays. Docteur Erard de Hemricourt

2 commentaires

  • bien beau tout ça mais le prix du poisson, vous y pensez docteur ?

  • Ce n’est pas plus cher que la Viande !!!!!!!!! 1 x par semaine la viande, 3 x fois par semaine la poisson….
    Achetez moins de friandises, amusez-geules et boissons genre sodas sucrés…..Achetez plus de poissons.

    Comparez le prix des poissons dans les Super Markets et dans les petites et grandes marchés….

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