Baisse du désir sexuel…



contraceptionpiluleDans l’étude IFOP/Lilly, 53% des français déclarent avoir déjà été confrontés à une baisse de désir pour leur partenaire. Cette difficulté sexuelle est considérée comme la plus tabou au sein du couple par 47% des français.

Pourquoi est-il si difficile de parler de baisse de désir en couple ?

Réponse du Dr Sylvain Mimoun, gynécologue-andrologue à Paris

Le trouble du désir est un problème fréquent au niveau du couple même si, habituellement, c’est plutôt la femme pour qui le problème n°1 est la baisse de désir. Dans un couple il y a deux personnes, si elle n’a pas envie, cela va retentir sur les deux partenaires. Il est difficile d’aborder ce sujet parce que, pour la femme d’une part, mais parfois pour l’homme aussi – il peut l’entendre comme ça – on associe « pas d’envie » à « pas d’amour ». En tout cas, souvent, quand il ne se sent pas désiré, l’homme a l’impression qu’on ne l’aime plus. D’ailleurs, il n’est pas rare même que la femme dise en consultation : « Je me demande si je l’aime encore, puisque je ne le désire plus. », alors que ces deux choses là sont réellement séparées. On peut aimer beaucoup et ne pas désirer ; on peut désirer et ne pas aimer. La difficulté de la discussion dans le couple c’est justement de pouvoir aborder cette situation avec décontraction, avec ouverture disons. Pourtant c’est ce qu’il faudrait faire pour que les solutions puissent être trouvées.

Quelle est la différence entre baisse du désir et dysfonction érectile ?
On confond souvent – et plutôt c’est la femme qui confond souvent – baisse de désir et baisse d’érection chez l’homme. Or autant la baisse de désir est quelque chose de très fréquent chez la femme, autant un des troubles n°1 chez l’homme est la baisse de l’érection, qui n’est pas la même chose que la baisse de désir. Ce qui complique un peu les choses, c’est que quand un homme n’a pas d’érection, il est complètement inhibé. Il ne se sent tellement pas à l’aise avec lui-même qu’il va s’enfermer dans sa coquille et ne plus aller vers l’autre. Et quelquefois même, il peut dire en consultation, tout comme à sa partenaire « je n’ai plus envie », c’est-à-dire « je n’ai plus de désir ». Ce qui complique un peu plus les choses, c’est que pour la femme, ce qui la motive, c’est qu’on la désire. Donc, si son partenaire lui dit : « Je n’ai pas envie », elle va entendre « je n’ai pas envie de toi » ou, plus encore, « je ne suis plus désirable ». On entre alors dans un problème qui va élargir le fossé de part et d’autre, d’où la nécessité de bien distinguer les choses. Heureusement, aujourd’hui, il y a des moyens pour aider à ce que l’érection puisse être réparée. C’est ce qu’il faudrait pouvoir faire d’abord chez l’homme, même quand un homme dit : « je ne sais pas si je n’ai plus de désir ou non ». Dans ce cas je leur dis : « Et si on vous permet d’avoir une érection, est-ce que vous pensez que vous auriez des rapports ? ». Souvent, il me dit qu’il n’en sait rien. Or la plupart du temps, il retrouve une érection, il a des rapports et ne se pose plus la question du désir.

40% des hommes admettent avoir déjà rencontré une panne d’érection contre 21% pour les femmes, pourquoi cet écart ?

Dans l’enquête qui a été faite, il y a effectivement à peu près deux fois plus d’hommesqui ont repéré leurs difficultés d’érection, alors que les femmes, leurs femmes n’ont pas repéré cela. En tout cas, les femmes sont moitié moindres à se plaindre de cela. Je pense donc que, pour l’homme, incontestablement, le problème d’érection est un problème majeur. Il l’est beaucoup moins pour la femme. Il est classique qu’un homme, surtout quand il n’a pas d’érection par moment, que le simple fait pour lui d’avoir une érection le matin lui fait se dire que cela va être une bonne journée, même s’il n’y a pas de rapport, même s’il ne rattrape pas tout  cela. D’ailleurs, quand les hommes parlent de leur érection, ils disent qu’ils ont des érections mais que c’est lors de rapports que cela ne marche pas, c’est-à-dire que l’érection vient mais ne tient pas. Ils veulent faire ce distinguo parce que, pour eux, ne pas avoir d’érection du tout veut dire qu’ils sont impuissants. Or l’impuissance est le début de la fin. L’homme se dit qu’il ne vaut plus rien dans sa vie, etc. Ainsi, pour l’homme, c’est quelque chose de capital. Les femmes ne réalisent jamais qu’une érection matinale ou nocturne, qui survient à certains moments, ait tellement d’importance pour leur partenaire. En effet, cela en a beaucoup.

Retrouvez l’interview du vidéo du Dr Sylvain Mimoun sur vivresoncouple.com

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