Nos enfants respirent mal dans les écoles




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Si l’école apprend beaucoup de choses à nos enfants, il y respirent plutôt mal. Tel est le cri d’alarme de l’équipe “Epidémiologie des Maladies Allergiques et Respiratoires (EPAR)” d’Isabella Annesi-Maesano, directrice de recherche Inserm dans l’unité mixte de recherche 707 “épidémiologie, systèmes d’information, modélisation” (Inserm/UPMC).

Dans le cadre d’une étude  sur la qualité de l’air à l’intérieur des écoles primaires,  on apprend que 3 enfants sur 10 sont exposés à des niveaux de polluants supérieurs aux valeurs recommandées.

Les taux mesurés sont effet supérieurs aux valeurs guides recommandées par l’OMS et l’ANSES, à savoir

Particules fines (PM2.5) : 10µg/m3 selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
Dioxyde d’Azote (NO2) : 40µ/m3 selon l’OMS
Formaldéhydes : 10µg/m3 par an selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES)

Pour les scientifiques cette exposition peut en partie expliquer l’ augmentation de l’asthme et des rhinites chez les enfants scolarisés, notamment chez ceux ayant déjà un terrain allergique.

Pour parvenir à ce triste constat, les équipes d’Isabella Annesi-Maesano ont mené leur étude dans six villes françaises (Bordeaux, Clermont-Ferrand, Créteil, Marseille, Strasbourg et Reims) sur un échantillon de 401 classes réparties dans 108 écoles.

Objectif : évaluer l’exposition des 6590 enfants concernés (âgés de 10 ans en moyenne), aux principaux polluants atmosphériques des classes puis analyser le lien avec l’asthme et les rhinites développés par ces enfants.

Et les résultats sont sans appel : 30% des enfants sont exposés à des niveaux de polluants supérieurs aux recommandations.

Tout a été mesuré ou presque : les particules fines de diamètre inférieur à 2,5 micromètre (PM2.5), le dioxyde d’azote (NO2) et 3 aldéhydes (formaldéhyde, acétaldéhyde et acroléine).

En se penchant sur les  résultats, les chercheurs ont constaté que les rhinites (en particulier les rhino conjonctivites) étaient associées de manière significative à des forts taux de formaldéhydes dans les classes, des polluants intérieurs issus des produits de combustion, de construction, de décoration, ou bien encore de traitement.

Autre constat une augmentation de la prévalence de l’asthme dans les classes avec des taux élevés de particules fines PM2.5, de formaldéhyde, d’acroléine A noter que les  particules fines et le dioxyde d’azote (NO2) proviennent essentiellement de la combustion automobile et peuvent rentrer par transfert (en ouvrant les fenêtres) à l’intérieur des locaux.

Pour Isabella Annesi-Maesano “La mauvaise qualité de l’air intérieur pourrait à terme détériorer la santé allergique et respiratoire des enfants qui passent en moyenne 8h par jour à l’école” d’où son appel au maintien d’une bonne qualité de l’air dans les classes de nos chères têtes blondes.