L’effet néfaste du bisphénol A sur les testicules




Herbivore (Public Domain)

Alors qu’une récente étude de l’InVS a montré une baisse de la qualité du sperme en France, voilà que des chercheurs de l’Inserm confirment les effets néfastes du Bisphénol A (BPA) sur les fonctions reproductives de l’homme.

Dans un communiqué publié en fin de semaine dernière, René Habert et ses collaborateurs (UMR Cellules souches et Radiations, Inserm U 967 – CEA – Université Paris Diderot) confirment que de “faibles concentrations de bisphénol A sont suffisantes pour agir négativement sur le testicule dans l’espèce humaine”. Les résultats complets de cette étude ont été publiés dans la revue spécialisée Plos One.

De nombreuses études ont déjà montré par le passé que ce composé industriel pouvait induire des effets néfastes sur la reproduction, le développement et le métabolisme d’animaux de laboratoire.

Aujourd’hui celle menée par les scientifiques de l’Inserm montre que les conséquences sont malheureusement les même pour l’homme.

Pour parvenir à cette conclusion, René Habert et ses équipes ont, en collaboration avec l’hôpital Antoine-Beclère de Clamart, maintenu en vie dans des boîtes de culture des testicules fœtaux humains pendant 3 jours en présence ou en absence de bisphénol A.

Ils ont ainsi ont observé que l’exposition des testicules fœtaux humains au bisphénol A réduisait la production de testostérone, et  celle d’une autre hormone testiculaire nécessaire à la descente des testicules dans les bourses au cours du développement foetal. Et de préciser qu’une concentration de bisphénol A égale à 2 microgrammes par litre dans le milieu de culture était suffisante pour induire ces effets.

On sait que la testostérone produite par le testicule pendant la vie fœtale, impose la masculinisation des organes génitaux internes et externes, qui, en l’absence de testostérone, évolueraient spontanément dans le sens femelle. De plus, il est probable que la testostérone joue également un rôle dans le développement du testicule lui-même.

Pour les chercheurs, il se pourrait que le “bisphénol A participe ainsi à la chute de la production spermatique et à l’augmentation de l’incidence du cancer testiculaire chez l’adulte observées au cours des dernières décennies”.