Perchloroéthylène dans les pressings : vers une action contre l’état ?




Comme nous l’avons évoqué ici même 3 ONG ont demandé l’interdiction du perchloroéthylène, un solvant toxique utilisé dans les pressings. Plusieurs dizaines d’études ont déjà apporté les preuves de sa dangerosité tant chez les travailleurs de ces établissement que chez les riverains… un risque d’autant plus inutile que des alternatives existent. Le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) a d’ailleurs classé le perchloroéthylène cancérogène probable chez l’homme.

L’occasion de rappeler le cas d’intoxication mortelle au perchloroéthylène survenu chez une femme de Nice qui vivait au dessus d’un pressing. Elle est décédée le 25 décembre 2009 à l’âge de 72 ans. L’autopsie demandée par son fils révèlera la présence de perchloroéthylène dans tous ses organes sauf l’estomac. Deux expertises médicales conclueront ensuite à un lien de cause à effet entre la présence de perchloroéthylène dans son corps et son décès.

Depuis les victimes se multiplient un peu partout en France tant chez des travailleurs que chez des riverains : asthme, hépatite toxique (foie), lésion au cerveau, Arythmie cardiaque, problèmes respiratoires…

Face à ce qui apparaît clairement comme un scandale sanitaire, le Réseau Environnement Santé, l’association Génération Futures et l’association de défense des victimes d’émanations de perchloroéthylène des pressings (ADVEPP) déplorent aujourd’hui l’inaction du gouvernement sur le sujet. Ensemble les ONG réclament l’ interdiction immédiate du perchloroéthylène dans les nouvelles installations de nettoyage à sec, l’usage contrôlé ayant prouvé qu’il n’était pas du tout adapté aux risques extrêmes de ce produit chimique.

Les 3 ONG, qui rappellent que les nouvelles installations au perchloroéthylène sont déjà interdites au Danemark et aux Etats-Unis, veulent être reçues par la Ministre de l’Environnement, Madame Nathalie Kosciusko-Morizet. Si, suite à cette rencontre, aucune mesure claire de substitution systématique du perchloroéthylène n’était décidée, elles étudieraient alors la possibilité de lancer une action pour « carence fautive de l’Etat » devant les juridictions administratives.

Pour info elles ont déjà décidé de se constituer partie civile pour Générations Futures dans le cadre de la procédure pénale instruite pour homicide involontaire suite au décès de Madame Bernard.