Cabines UV : une réglementation plus sévère ?



Photo :Janneman (GNU FDL)

Hier, dans le cadre de son bulletin épidémiologique hebdomadaire, l’Institut de veille sanitaire (InVS) s’est alarmé des conséquences pour la santé du bronzage artificiel en évoquant « une menace bien réelle, mais évitable ».

S’appuyant sur les résultats issus du Baromètre cancer 2010 concernant la proportion d’utilisateurs d’UV artificiels en France, l’InVS a estimé que 4,6% des cas de mélanomes cutanés, soit 347 cas annuels, étaient attribuables à l’utilisation des cabines de bronzage.

En supposant que les cas induits par les cabines de bronzage ont le même pronostic que ceux induits par les UV d’origine naturelle, l’InVS a estimé qu’entre 19 et 76 décès annuels étaient attribuables à cette pratique.

L’occasion pour Marisol Tourraine, la nouvelle ministre de la santé, d’annoncer qu’un décret visant à durcir la réglementation des cabines de bronzage était en préparation.

Au début du mois d’avril déjà, le Syndicat National des Dermatologues s’inquiétait de l’augmentation du nombre de cancers de la peau chez les moins de 40 ans suite à la publication d’une étude américaine. Elle avait révélé une explosion du nombre de cas essentiellement chez les femmes avec une incidence multipliée par 8 entre 1970 et 2009….Une évolution liée à l’utilisation des cabines de bronzage selon les auteurs de l’étude.

Dans un communiqué  Luc Sulimovic, le Président du syndicat, écrivait alors « Par effet de mode et du fait de la pression publicitaire, les Français sont de plus en plus nombreux à fréquenter les salons de bronzage*. Il faut pouvoir leur dire avec force que le danger est avéré et que la situation est alarmante. Le 24 mai prochain, les dermatologues seront mobilisés pour organiser partout en France la Journée Nationale de Prévention et de Dépistage des Cancers de la Peau. Il est essentiel que toutes les personnes qui ont le moindre doute puissent venir consulter, quel que soit leur âge ».

L’occasion de vous rappeler qu’avec 9780 nouveaux cas estimés en 2011 (4680 cas chez l’homme et 5 100 cas chez la femme), le mélanome cutané est particulièrement dangereux puisqu’on estime en France le nombre de décès imputables à ce cancer à 1620 (source INCa). Le seul traitement efficace consiste en l’ablation de la tumeur débutante. Pour permettre une prise en charge efficace et favoriser les chances de guérison, le mélanome doit être détecté dès le début de son évolution.