Quête de l’immortalité : rêve fou des chercheurs ?


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“Quête de l’immortalité : rêve fou des chercheurs ?” par le Docteur Erard de Hemricourt. En ces moments délicats où l’on discute dans la plupart des pays de l’allongement du temps de travail et de la durée des cotisations eu égard à l’allongement lent mais constant et progressif de la durée de vie, certains chercheurs et groupes pharmaceutiques de par le monde ont décidé d’aller plus loin, beaucoup plus loin : leur but ultime étant de trouver la solution miracle pour assurer à l’homme et à ses descendants… l’immortalité !

Actuellement, les spécialistes estiment la durée de vie maximale d’un être humain à environ 125 ans avec une espérance de vie tournant pour les femmes autour de 81-83 ans et pour les hommes entre 76 et 79 ans dans les pays dits développés. Le problème en médecine, ce n’est pas vraiment la durée de vie mais l’état de l’organisme lorsqu’il entre dans sa dernière ligne droite. Les statistiques officielles montrent clairement que c’est la dernière année de vie qui reste la plus coûteuse et que la plus grande partie des dépenses médicales au cours d’une vie d’un individu se fera essentiellement durant sa dernière année voire ses derniers mois.


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On pense que la longévité d’un individu est en majeure partie déterminée par une horloge biologique cachée au sein du noyau cellulaire sous la forme de télomères. Ces télomères sont des petites séquences d’ADN répétitif qui ont pour but principal de protéger la partie finale des chromosomes. Ces télomères se dégradent tout au long de la vie, parfois plus vite, parfois plus lentement, sous l’influence du patrimoine génétique, du mode de vie et de l’environnement. Cette dégradation reste constante à moins qu’ils ne subissent une sorte de lifting, une réparation par des enzymes spécialisées appelées télomérases. Ces télomérases ont pour but de resynthétiser des séquences spécifiques d’ADN contenues dans les télomères ce qui permet d’éviter le raccourcissement progressif de ces molécules.

En tant normal, les télomères subissent l’épreuve du temps lors de chaque division cellulaire et plusieurs études ont montré une relation causale entre la perte des télomères, la mortalité cellulaire et la réduction de la régénération tissulaire. De plus, de nombreuses études épidémiologiques ont clairement montré un lien entre le raccourcissement des télomères et l’apparition de certaines maladies comme l’athérosclérose, les maladies cardiovasculaires, la maladie d’Alzheimer ou le cancer en général.

Dans ce contexte, une étude vient d’être publiée dans la revue Rejuvenation Research (A natural product telomerase activator as part of a health maintenance program. Calvin B Harley et al. Rejuvenation research. DOI : 10.1089/rej.2010.1085) par une équipe internationale de chercheurs appartenant à de nombreux consortiums privés et publics (Geron, TA Sciences, Spanish National Cancer Center, Sierra Sciences, PhysioAge Systems, Telome Health Inc.) sur l’utilisation d’une nouvelle molécule dans l’activation des télomérases afin d’éviter la dégradation des télomères protecteurs.

Pour ce faire, ils ont spécifiquement inclus dans leur étude des patients souffrant d’une infection à cytomégalovirus CMV auxquels ils ont appliqué un protocole appelé le PattonProtocol-1 qui a été lancé en 2007. Ce protocole est essentiellement basé sur l’utilisation d’une molécule anti-âge, le TA-65 d’origine naturelle (racine de Astragalus membranaceus).

D’après l’article publié, le TA-65 provoquerait une activation des télomérases dans les cellules humaines avec une inversion de la sénescence de certaines cellules du système immunitaire (immunosénescence des lymphocytes T cytotoxiques et des cellules natural killer) seulement après 6 à 12 mois d’utilisation. Bien que ce composé soit pour l’instant trop faible pour bloquer complètement le processus de vieillissement dans les cellules, il s’agit, toujours selon l’article, du premier activateur de télomérase sans danger pour l’être humain.

Bien qu’il soit pour l’instant beaucoup trop tôt pour tirer une quelconque conclusion sur l’efficacité réelle du TA-65 à long terme, il faut néanmoins bien garder en tête que le mouvement est enclenché et que la quête de l’immortalité n’en n’est qu’à ses débuts.

Avec les progrès futurs de la médecine et d’une technologie de plus en plus performante supportée par des centaines de millions de dollars d’investissement privé et public, que ce soit dans 10, 50 ou 100 ans, on risque fort de dépasser notre durée de vie maximale pour approcher celle de Mathusalem.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010


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