Prédire 25 ans à l’avance son risque de mourir d’un cancer de la prostate


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“Prédire 25 ans à l’avance son risque de mourir d’un cancer de la prostate” par le Docteur Erard de Hemricourt. Alors que le dépistage systématique du cancer de la prostate continue de faire débat, une étude réalisée en Suède  nous apprend qu’un test sanguin réalisé chez l’homme âgé de 60 ans permettrait de prédire son risque de mourir d’un cancer de la prostate endéans les 25 prochaines années.

Cette étude a été publiée cette semaine dans la revue de médecine British Medical Journal (Andrew J Vickers et al. Prostate specific antigen concentrations at age 60 and death or metastasis from prostate cancer : case-control study. BMJ. 2010 ; 341 : c4521/ DOI :10.1136/bmj.c4521)


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Se basant sur des études nécropsiques, les spécialistes de la prostate savent que de nombreux hommes qui meurent d’une maladie autre que le cancer de la prostate présentent des cellules cancéreuses au sein de leur prostate. On estime qu’environ 40 % des hommes âgés de 70 ans ont des cellules tumorales dans leur prostate au moment de leur mort. Cette information cruciale alimente le débat du surdiagnostic qui anime actuellement plusieurs sociétés savantes de par le monde.

La question principale n’est dès lors pas de savoir si un homme aura ou non un cancer de la prostate mais s’il en subira les conséquences cliniques ou en mourra dans un futur lointain. Pour répondre à cette question, les chercheurs suédois se sont basés sur l’importante masse de données épidémiologiques provenant du Projet de Prévention de Malmö en Suède (Malmo Prevention Project). Les chercheurs ont repris les données cliniques de 1167 individus, tous nés en 1921, qui avaient fourni un échantillon sanguin au cours des années 1981-1982, alors qu’ils étaient âgés de 60 ans. Ces personnes ont ensuite été suivies jusqu’en 2006 (ou jusqu’à leur décès le cas échéant).

Après avoir étudié de nombreux biomarqueurs, les chercheurs ont trouvé que le taux de PSA classiquement dosé chez les hommes dans le cadre de la prévention et du suivi de la maladie prostatique était un facteur prédictif très précis du risque à long terme. Ces nouvelles données suggèrent que le taux basal de PSA pourrait être utilisé dès le départ pour mieux cibler les hommes qui devraient ou ne devraient pas continuer à être dépisté face au cancer de la prostate.

Citant le Dr Vickers : « Nous espérions trouver un nouveau marqueur tumoral, à la place, nous avons trouvé une nouvelle façon d’utiliser un vieux test ». Selon cette étude, 90 % des décès dus au cancer de la prostate se sont produits chez les hommes qui en 1981-1982 présentaient un taux significativement élevé de PSA. Les chercheurs concluent que les hommes ayant un taux de PSA dépassant 2 ng/ml à l’âge de 60 ans doivent être considérés à risque et continuer leur dépistage de manière régulière. Par contre, ceux ayant un taux de PSA inférieur à 1 ng/ml à l’âge de 60 ans ont 0.2 % de risque de mourir du cancer de la prostate. L’étude rappelle par ailleurs que même si certains hommes ayant un faible taux de PSA présenteront par la suite un cancer de la prostate, il est peu probable que ceux-ci en souffrent ou qu’il y ait un impact direct sur la survie lorsqu’ils auront atteint l’âge de 85 ans.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010


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