Polémique : une affiche pour le dépistage du cancer du sein jugée sexiste

Polémique ! Les choses changent, les mentalités évoluent. Une affiche pour le dépistage du cancer du sein sortie en 2015 ne fait polémique qu’aujourd’hui, soit deux ans plus tard. Ces dernières semaines, et dans le cadre de l’opération Octobre Rose, elle a en effet fait son retour dans les salles d’attente des cabinets médicaux des Bouches du Rhône. Objectif : faire prendre conscience aux femmes de l’importance du dépistage du cancer du sein.

Sauf que l’image de la femme, telle que représentée sur cette affiche, ne passe pas. Jugée trop sexiste, l’affiche suscite une importante vague de protestation sur les réseaux sociaux. Elle met en scène une jeune femme plutôt sexy en mini-jupe et talons hauts qui en pleine mammographie lâche les joues toutes rouges : « Déjà fini docteur? ».

Choqué par cette affiche qu’il a jugé beaucoup trop sexiste, un twittos n’a pas caché sa colère en partageant l’affiche en question . Et de l’accompagner du message suivant : « Dites, vous pensez qu’on se fait dépister pour une maladie mortelle ou qu’on tente de chauffer son petit copain? ».

Face au « succès » du tweet en question, et à l’indignation qu’il a suscité, le département des Bouches-du-Rhône a rapidement réagi. Précisant qu’il n’y était pour rien – cette affiche étant à mettre l’actif d’une association – il a apporté une réponse qui n’a pas eu un écho très favorable auprès de la twittosphère. Le voici : « Bien que ce ne soit pas une de nos campagnes, il faut avouer qu’elle fait parler du dépistage du #cancer du #sein, et ça, c’est plutôt positif @RubanRose! Alors merci de vous faire le relais de cette grande cause, et merci à @Arcades pour son action de #prévention ! » a t-on ainsi pu lire sur le compte twitter officiel du conseil départemental.

Interrogée par France Info Brigitte Seradoura, la présidence d’Arcades a déclaré au sujet de cette polémique : « Nous avons pensé que ce dessin humoristique pouvait aider à dédramatiser la mammographie, souvent perçue comme un examen long et douloureux ».

Pas de quoi calmer les ardeurs des twittos qui ont continué à protester et à faire part de leur colère. D’autres ont préféré s’en amuser en imaginant ce que pourrait être une affiche destinée à inciter les hommes à se faire dépister pour le cancer colorectal

Dépistage du cancer du sein

Dans le cadre de la modernisation du programme de dépistage organisé du cancer du sein et du nouveau plan d’action qui propose à toutes les femmes un suivi personnalisé, l’Institut national du cancer a récemment publié un nouveau livret d’information afin de répondre aux principales questions sur les cancers du sein et leurs examens de dépistage. Afin d’apporter la meilleure information aux femmes, le livret revient sur plusieurs points que sont :

L’essentiel sur les cancers du sein et les facteurs de risque

L’âge : près de 80% des cancers du sein se développent après 50 ans.

Le mode de vie : consommation d’alcool et de tabac, surpoids et manque d’activité physique.

Les antécédents médicaux personnels ou familiaux : les femmes qui ont déjà contracté un cancer du sein, des ovaires ou de l’endomètre ou qui ont développé certaines affections du sein ont plus de risque de développer ce cancer. De la même manière si un parent a développé un cancer.

Le dépistage du cancer du sein

Un dépistage recommandé tous les 2 ans : l’intervalle de deux ans est mis en avant par les différentes études scientifiques comme étant le meilleur compromis entre deux dépistages.

Garanties de fiabilité du dépistage organisé : le dépistage organisé s’inscrit dans un dispositif national mis en place par les autorités de santé. Son objectif est double, réduire la mortalité liée au cancer du sein et garantir une information et une qualité des soins aux personnes concernées. Les clichés pris lors de la mammographie bénéficient systématiquement d’une seconde lecture faite par un autre radiologue.

Les risques à ne pas réaliser de dépistage : à partir de 50 ans, le risque de développer un cancer du sein augmente fortement. Le dépistage permet de détecter d’éventuelles lésions avant même l’apparition de symptômes. Plus un cancer du sein est détecté tôt et plus les chances de guérison sont importantes.

Les risques de surdiagnostics : le diagnostic de certains cancers au moment du dépistage ne permet pas toujours de différencier ceux qui vont évoluer des autres qui n’auront pas de conséquences pour la femme. On parle alors de surdiagnostic pour ces cancers qui n’auraient pas été découverts sans la mammographie.

Cancer radio-induit : une exposition répétée aux rayons X pendant la mammographie peut dans certains cas entraîner le développement d’un cancer. C’est l’une des raisons pour lesquelles le dépistage se fait tous les deux ans. La composition du sein changeant avec l’âge, les doses de rayons X nécessaires pour l’examen sont moins importantes.

Téléchargez-le gratuitement sur le site de l’Institut national du cancer en cliquant ICI (document en format PDF)