Les dentistes sont en grève

Certains patients ont trouvé porte close ce lundi en allant consulter leur dentiste. En cause un appel à la grève lancée par la CNSD (Confédération Nationale des Syndicats Dentaires) et l’UD (Union Dentaire) qui s’opposent à la réforme de leurs tarifs et qui doit normalement entrer en vigueur au 1er janvier 2019. Voulue par Marisol Touraine, l’ancienne ministre de la santé, elle devait initialement entrer en vigueur au 1er janvier 2018 mais a été ajournée par le nouveau gouvernement qui a souhaité y inclure le «reste à charge zéro» voulu par Emmanuel Macron.

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Sauf que la profession n’en veut pas et réclame une nouvelle convention équilibrée et évolutive qui permettra à la profession de s’affranchir du « règlement arbitral » de l’ancienne ministre.

Voici les principales revendications des deux organisations

La CNSD et l’UD s’inquiètent de la promesse du zéro reste à charge faite par le président de la République. Aujourd’hui, 80 % des actes réalisés dans les cabinets dentaires sont déjà en reste à charge zéro. Mais s’ils permettent à la majorité des patients d’accéder à des soins précoces, préventifs, conservateurs et chirurgicaux, ces actes sont honorés à des tarifs fixés inférieurs aux coûts réels. Ils réclament aujourd’hui que ces actes soient convenablement revalorisés.

La CNSD et l’UD alertent sur l’installation des étudiants issus de la première promotion du Clesi (école privée reconnue illégale). Ces étudiants ont obtenu leur « diplôme » hors du cadre réglementé des études de santé en France et sans respecter la conformité des cursus européens.

La CNSD et l’UD dénoncent le décret portant sur la reconnaissance des qualifications professionnelles paru au Journal officiel le 3 novembre 2017. Ce décret grave dans le marbre la possibilité d’accès partiel aux professions de santé pour des professionnels sous-qualifiés venant des pays de l’Union européenne. Pour les deux syndicats ce texte ouvre la voie à la multiplication de toutes sortes d’officines low cost, au mépris de toute recherche de qualité.

Pour les deux organisations la dérégulation du système de santé est en marche avec un risque que les patients puissent être soignés par des sous-diplômés sous prétexte de libre circulation.

D’ici là notez que la CNSD et l’UD appellent les praticiens à se mobiliser et fermer leur cabinet dentaire jusqu’au 2 décembre inclus.