La plupart des accidents vasculaires cérébraux évitables


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“La plupart des accidents vasculaires cérébraux évitables” par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon un récent article publié dans la revue de médecine britannique The Lancet (Risk factors for ischaemic and intracerebral haemorrhagic stroke in 22 countries (the INTERSTROKE study): a case-control study ; The Lancet, Early Online Publication, 18 June 2010) et reprenant les résultats de l’étude internationale INTERSROKE, la majorité des accidents vasculaires cérébraux (AVC) pourraient facilement être évités en modifiant notre mode de vie.

Cette étude multi-centrique de cas témoins a étudié dans 22 pays de par le monde la survenue des AVC (3 000 individus) par rapport à un groupe contrôle (également 3 000 individus sans AVC) du 1er mars 2007 au 23 avril 2010. Les cas retenus étaient les patients ayant pour la première fois souffert d’un épisode d’attaque cérébrale. Chaque participant de l’étude devait répondre à un questionnaire complet et bénéficiait également d’un examen physique systématique. La plupart des participants ont en outre fourni des échantillons de sang et d’urine. Ayant rassemblé toutes les données, les chercheurs ont ensuite calculé les Odds Ratio (risques relatifs) ainsi que le risque attribuable qui correspondent à deux outils statistiques couramment employés dans le domaine de l’épidémiologie médicale.


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Les résultats confirment ce que les médecins de terrain savaient déjà depuis de nombreuses années à savoir que la plupart des AVC sont liés à notre comportement qu’il soit d’ordre alimentaire, sportif ou récréatif. Parmi l’ensemble des cas d’AVC constatés, environ 75 % étaient d’origine ischémique et 25 % d’origine hémorragique. Les chercheurs se sont intéressés à la présence de certains facteurs de risque bien connus tels que le tabagisme, l’hypertension artérielle, l’obésité abdominale, le diabète, la sédentarité, le type de régime alimentaire, l’environnement psychosocial, l’alcoolisme, la concentration de certaines apolipoprotéines (molécules particulières présentes dans le sang et servant au transport de certains lipides), la dépression ainsi que certaines pathologies cardiaques préexistantes. Ils ont ensuite étudié pour chacun des éléments cités ci-dessus le risque relatif et le risque attribuable – évaluation de l’impact des facteurs de risque dans l’apparition d’une maladie spécifique, en l’occurrence ici l’AVC.

Les résultats sont sans appel : 90 % des AVC de type ischémique sont associés à un (ou plusieurs) des facteurs de risques énoncés plus haut ce qui signifie que dans 9 cas sur 10, on retrouve un terrain préalable comportant un des facteurs de risque. En ce qui concerne l’accident de type hémorragique, on retrouve essentiellement l’hypertension artérielle, le tabagisme, l’obésité abdominale, le régime alimentaire et la consommation d’alcool.

Et dans le trio de tête ? L’hypertension artérielle, le tabagisme et l’obésité abdominale. L’hypertension artérielle à elle seule provoque une augmentation du risque d’AVC de plus de 250 % (2.5x) par rapport à une population normale alors que le tabagisme est lié à un accroissement du risque de 200 %. En analysant les différents risques attribuables, l’hypertension artérielle était associée à un tiers du risque global d’AVC, le tabagisme à 19 % et l’obésité abdominale à 26.5 %. Par ailleurs, les auteurs rappellent que 9 des dix facteurs de risque dans l’étude INTERSTROKE sont les mêmes que ceux repris par l’étude de grande envergure INTERHEART qui étudiait les facteurs de risque de l’infarctus du myocarde.

La seconde phase de l’étude INTERSTROKE est en cours avec l’inclusion d’un nombre plus important de participants (20 000) ce qui conduira à une analyse plus fine des risques région par région.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010 – Photo : Lucien Monfils sous licence Wikimedia Commons


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