La grippe est là : les hôpitaux parisiens déclenchent le plan «épidémies hivernales»

Voilà la grippe est là ! Toute la France est désormais touchée par l’épidémie à l’exception de la Corse qui reste un peu en marge mais qui ne devrait pas être épargnée bien longtemps. Et parce que Paris et plus généralement l’Ile-de-France est la région métropolitaine la plus touchée (510 cas pour 100 000 habitants selon le réseau Sentinelles/Inserm), l’AP-HP a déclenché le niveau 2 de son plan « épidémies hivernales ».

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Le nombre de recours aux urgences pour syndrome grippal est en effet très élevé et supérieur à celui observé au pic de l’épidémie de l’année dernière, tant pour les adultes qu’en pédiatrie. Il paraît probable que l’impact de l’épidémie sur l’activité hospitalière soit maximum pour les prochains jours.

Le cycle des épidémies hivernales est connu et anticipé. Il se traduit par une occupation importante des capacités hospitalières de l’AP-HP, dans les services d’urgences adultes et pédiatriques, en aval des urgences et dans les services de réanimation notamment.

Le niveau 2 du plan a donc été déclenché dès l’apparition des premiers signes d’un impact épidémique sur l’activité hospitalière. Il permet de renforcer les mesures d’organisation mises en place en période hivernale pour maintenir le maximum de capacités d’accueil et notamment :

  • La mise en place de cellules de crise au niveau des 12 groupes hospitaliers et de la direction générale de l’APHP avec un suivi quotidien des indicateurs d’activité et de la disponibilité en lits.
  •  Une série de mesures graduées telles que :

> Des sorties anticipées et de l’aide au maintien à domicile avec le soutien des équipes de l’Hospitalisation à Domicile de l’AP-HP pleinement mobilisées ;

> La déprogrammation de certaines activités programmées moins urgentes ;

> Le regroupement de patients atteints d’infections respiratoires ;

> Des mesures « d’hébergement » dans un service de spécialité différente, limité dans le temps et organisé en terme de prise en charge médicale ;

> L’ouverture supplémentaire de lits.

Cette année comme c’est le cas habituellement à cette période, un peu plus de 80 % des lits médecine-chirurgie-obstétrique sont ouverts à l’AP-HP cette semaine. Des réouvertures de lits sont prévues la semaine du 1er janvier (90%) et la semaine du 8 janvier avec la fin des vacances scolaires (près de 100%).

L’AP-HP restera vigilante quant à l’évolution de la situation en lien avec les autorités sanitaires.

Grippe : quelques gestes de prévention

Dans ce contexte, la Direction générale de la santé et Santé publique France rappellent les gestes qui permettent de se protéger et de limiter la transmission des virus.

– Se laver les mains régulièrement avec de l’eau et du savon ou utiliser une solution hydroalcoolique
– Se couvrir la bouche dès que l’on tousse, éternue (dans sa manche ou dans un mouchoir à usage unique) et transmettre ce réflexe aux enfants
– Porter un masque et limiter les contacts
– Se moucher dans des mouchoirs à usage unique et les jeter
– Éviter de serrer les mains, d’embrasser, de partager ses effets personnels (couverts, verre, brosse à dent, serviette de toilette, etc.), éviter les lieux très fréquentés (centres commerciaux, transports en commun) et éviter si possible d’y emmener les nourrissons et les enfants
– Penser à aérer son logement chaque jour pour en renouveler l’air.

La prévention passe aussi par le vaccin ! C’est même la meilleure façon de se protéger de la grippe et de ses complications.

Le vaccin contre la grippe sera t-il efficace cette année ?

Le vaccin contre la grippe sera t-il efficace cette année ? Une question que vous êtes nombreux à vous poser surtout après que des virologues américains aient évoqué le risque d’une saison 2017-2018 quelque peu difficile en raison de la mutation de la souche H3N2.

Ainsi et selon une étude de l’Académie américaine des sciences (PNAS), l’efficacité du vaccin contre la grippe a été particulièrement limitée l’an dernier puisqu’il n’aurait protégé en moyenne que 20% à 30% des personnes vaccinées.

Et c’est justement en raison de cette mutation de la souche H3N2 que son efficacité s’en est trouvée réduite. Le nouveau vaccin étant similaire à celui de la saison précédente, les scientifiques américains craignent donc une nouvelle saison difficile si toutefois elle est de nouveau dominée par le virus H3N2. Notez qu’ils recommandent malgré tout la vaccination, notamment des personnes à risques.

Scott Hensley, professeur à la faculté de médecine Perelman de l’université de Pennsylvanie et principal auteur de l’étude, a précisé que si le vaccin 2016 avait bien été « actualisé » pour y inclure la nouvelle version de cette protéine mutante, cela s’était avéré infructueux. En cause selon lui, le mode de production des vaccins, les virus étant cultivés dans des oeufs de poules.

Selon lui il est nécessaire d’investir dans de nouvelles technologies qui vont permettre d’accroître la production de vaccins contre la grippe ne dépendant pas des œufs. En attendant il recommande tout de même la vaccination car « même une protection limitée contre les virus H3N2 vaut mieux que rien ».