Détection précoce de l’infarctus du myocarde


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“Détection précoce de l’infarctus du myocarde” par le Docteur Erard de Hemricourt . S’il est relativement aisé de faire le diagnostic d’un infarctus myocardique dans un service d’urgences, il l’est parfois beaucoup moins lorsque l’on se trouve au domicile même du patient. En effet, à l’hôpital, le médecin dispose d’une batterie d’examens complémentaires qui pourront l’aider et l’orienter vers le bon diagnostic en cas de doute clinique. Par contre, lorsque le patient se trouve chez lui, l’établissement du diagnostic correct d’un infarctus du myocarde peut se révéler dans certains cas fort difficile. Et cela pour plusieurs raisons : tout d’abord, l’infarctus du myocarde ne se présente pas toujours comme on le voit dans les beaux livres de médecine, avec une douleur irradiant dans le cou, la mâchoire et le bras gauche. Non, certains patients peuvent même manifester des symptômes qui n’ont rien à voir avec une pathologie d’origine cardiaque (nausées, vomissements, essoufflement, malaise). C’est particulièrement le cas chez certains patients diabétiques qui présentent une ischémie dite ‘silencieuse’. Une autre raison qui peut expliquer la difficulté de poser le bon diagnostic est d’ordre plus technique. Tous les médecins appelés au chevet de leur patient n’auront pas toujours à disposition un appareil d’électrocardiographie et, même si c’est le cas, certains tracés ECG peuvent être particulièrement compliqués à interpréter.

Afin de préciser le diagnostic exact de l’infarctus, le médecin peut recourir au dosage sanguin de certains biomarqueurs qui, au cours des dernières années, ont évolué pour devenir de plus en plus précis et spécifiques. Ainsi, le médecin pourra par exemple doser la troponine (sous la forme I ou T), les CK-MB ou la myoglobine. L’élévation de la troponine dans le sang du patient est un argument fort en faveur de l’infarctus. Malheureusement, bien qu’assez spécifique, cette molécule n’est pas détectable dans les premiers moments de l’infarctus et n’apparaît que plus tardivement, environ 3 à 4 heures après le début des premiers symptômes. Or, plus on agit tôt face à un infarctus, plus on a de chance de récupérer et d’éviter de voir s’installer des dégâts musculaires irréversibles.


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Les chercheurs ont mis en évidence il y a une vingtaine d’année une protéine appelée la h-FABP ou heart-type fatty acid binding protein. Cette protéine qui est localisée en grande partie à l’intérieur des cellules myocardiques est rapidement libérée dans le sang lors de l’infarctus. L’avantage en temps est plus qu’appréciable puisque la h-FABP commence à apparaître dès la vingtième minute post-infarctus. C’est justement dans cette fenêtre temporelle que cette molécule possède son plus grand intérêt. Au-delà de 3 heures, la sensibilité et la spécificité de la h-FABP face à la troponine commencent à se réduire fortement et le dosage de la h-FABP n’est alors plus recommandé.

Il existe à l’heure actuelle plusieurs tests disponibles sur le marché. Le principal avantage de ces tests réside dans la facilité d’utilisation de ceux-ci puisqu’ils sont de petite taille et donc facilement transportables et utilisables au chevet du patient, qu’il soit à son domicile ou à l’hôpital. Parmi les différents tests sur le marché, citons par exemple le CardioDetect ou celui de la firme chinoise China Sky One Medical Inc. qui vient juste de recevoir il y a une semaine sa certification européenne CE (conformité européenne). Le principe d’action est relativement simple : le médecin prélève une goutte de sang du malade qui est ensuite déposée sur une tigette. Après quelques minutes d’attente, en fonction de la présence ou non de la protéine h-FABP, une réaction chimique se produit et un signe sous forme d’un trait ou d’un symbole apparaît sur l’appareil. Le médecin pourra ensuite utiliser le résultat du test et le confronter à l’examen clinique de son patient afin de prendre la bonne décision thérapeutique.


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