Carence et excès de sommeil liés aux maladies cardiovasculaires


ANNONCES

“Carence et excès de sommeil liés aux maladies cardiovasculaires” par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon une récente étude publiée dans la revue Sleep (Sleep duration and cardiovascular disease : results from the National Health Interview Survey. SLEEP 2010 ; 33(8) : 1037-42), dormir moins ou plus de 7 heures par 24 heures serait lié à la survenue de complications cardiovasculaires. Pour obtenir ces résultats, les auteurs ont analysé les données obtenues auprès de 30,397 adultes qui avaient participé à une interview dans le cadre de la National Health Interview Survey qui avait pour but de collecter les informations sur les facteurs démographiques, les caractéristiques socio-économiques ainsi que le mode de vie et la santé des participants. La durée du sommeil a été évaluée par la question : « en moyenne, combien d’heures de sommeil avez-vous au cours d’une période de 24 heures ? ».

Les résultats de cette interview de grande envergure confirment ce que les études précédentes avaient déjà montré, à savoir qu’une carence et un excès de sommeil sont statistiquement liés à l’apparition plus fréquente de maladies cardiovasculaires comprenant des infarctus du myocarde, des AVC, des maladies polyvasculaires, … Le risque étant majeur pour des durées de l’ordre de 5h et moins (doublement du risque cardiovasculaire). L’association entre une durée de 5h de sommeil et la survenue de complications cardiovasculaires était surtout marquée pour le groupe d’adultes de moins de 60 ans avec un risque relatif multiplié par 3 (300 % !) pour les hommes et par 2.26 pour les femmes.


ANNONCES

D’autre part, et c’est ici un point capital, l’association entre la durée du sommeil et l’apparition de problèmes cardiovasculaires était indépendante de l’âge, du sexe, de l’origine ethnique des individus, du tabagisme, de la consommation d’alcool, de l’excès de poids, de la pratique d’une activité physique, de la présence d’un diabète, d’une hypertension ou d’une dépression !

D’après le Dr Shankar, investigateur principal de l’étude, cette étude suggère qu’une durée anormale de sommeil est directement liée à la santé cardiovasculaire et que les troubles du sommeil peuvent être un facteur de risque cardiovasculaire même chez des individus en apparente bonne santé.

Toujours selon les auteurs de l’étude, les mécanismes expliquant la survenue des problèmes sur le plan cardiovasculaire seraient liés à des désordres des fonctions endocriniennes et métaboliques. Une étude de 2009 (Epidemiological evidence for the links between sleep, circadian rythms and metabolism. Obes Rev. 2009 (10). Suppl 2 ; 37-45) montrait quant à elle l’association entre les troubles du sommeil et l’apparition des cas d’hypertension artérielle, d’obésité et de diabète. Les études expérimentales indiquent que la carence de sommeil est liée à une réduction du taux de leptine, une augmentation du taux de ghréline, une augmentation de l’appétit, l’apparition d’une insulino-résistance et une activation du système nerveux orthosympathique avec élévation du taux de cortisol sanguin circulant.

Donc, outre les recommandations classiques pour éviter tout problème cardiovasculaire (manger sainement, pratiquer une activité physique régulière, éviter le tabac et toute consommation excessive d’alcool), il faudra désormais rajouter le nombre d’heures de sommeil par jour dans l’équation finale

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010

Illustration : Institut du sommeil et de la vigilance, affiche journée du sommeil 2009


ANNONCES