Cancer : la mortalité recule


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“Cancer : la mortalité recule” par le Docteur Erard de Hemricourt. À l’occasion de la récente publication par l’Institut National du Cancer (INCa) de son compte rendu intitulé : « Survie attendue des patients atteints de cancer en France, état des lieux », on apprend que, sur un total de 320 000 cas de cancers diagnostiqués chaque année en France, environ la moitié des patients malades seront encore en vie après une période de 5 ans. On apprend également qu’environ 40 % des patients (soit 120 000 cas de cancers) en guériront !

Selon le communiqué officiel : « cet état des lieux renseigne sur la survie des adultes atteints de cancer à partir de données publiées en France et au niveau international ». Ce rapport propose également une nouvelle classification en fonction du pronostic – bon, intermédiaire et mauvais – des cancers diagnostiqués. Ainsi, les tumeurs de bon pronostic, c’est-à-dire dont la probabilité de survie au-delà de 5 ans reste égale ou supérieure à 80 % représentent 42 % de l’ensemble des cancers. Citons pêle-mêle le cancer de la prostate, le cancer du sein, le mélanome, la leucémie lymphoïde chronique ou la maladie de Hodgkin.


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Les cancers de pronostic intermédiaire représentent quant à eux 33 % de l’ensemble des cancers au moment du diagnostic. Le taux de survie à 5 ans dans ce groupe de tumeurs s’établit entre 20 et 80 % en fonction du type et du stade de la maladie au moment du diagnostic. Citons entre autres le cancer colo-rectal, les tumeurs des voies aéro-digestives supérieures (à l’exception de l’œsophage), les lymphomes non hodgkiniens, la tumeur de vessie ou le cancer ovarien.

Finalement, les tumeurs de mauvais pronostic, avec une survie à 5 ans inférieure à 20 %, sont essentiellement représentées par les cancers pulmonaires (qui représentent, rappelons-le, en Europe la première cause de mortalité par cancer chez l’homme et chez la femme), les tumeurs pleurales (mésothéliomes), le cancer du pancréas ainsi que certaines tumeurs cérébrales (comme le glioblastome multiforme).

S’il est important de prendre conscience de ces chiffres, il est également important de bien les analyser. Certains des cancers qui se situent dans le groupe de bon pronostic sont ceux qui sont justement soumis à un dépistage de masse (comme par exemple le cancer du sein qui touche une femme sur 8 ou le cancer de la prostate qui est la lésion tumorale la plus souvent rencontrée chez l’homme). Or, les cancérologues savent très bien que plus une tumeur est découverte précocement, plus les chances d’en guérir sont élevées. C’est justement cet argument qui a motivé le lancement des campagnes de dépistage dans les pays occidentaux.

Malgré ces chiffres qui sont globalement assez encourageants surtout si on les compare à la situation qui prévalait il y a une vingtaine d’années, il faut bien constater que pour certaines tumeurs comme par exemple, les lésions pleuro-pulmonaires, les avancées en terme de survie n’ont pas été très impressionnantes. On peut toutefois espérer que cette situation soit amenée à se modifier à moyen terme et cela pour deux raisons. Tout d’abord avec l’arrivée d’outils technologiques de plus en plus performants qui permettront de mieux caractériser la nature de la lésion tumorale et d’en établir une carte d’identité précise avec à la clé un traitement plus ‘personnalisé’. Ainsi, le Consortium international sur le génome du cancer (ICGC), établi en 2008 vient de publier sa feuille de route et a l’intention, fort louable, de séquencer en cinq ans le génome intégral de 25 000 tumeurs. Par ailleurs, dans certains centres de cancérologie, des techniques d’analyse de certains cancers commencent à apparaître avec l’utilisation de puces à ADN qui, avec l’aide de biomarqueurs spécifiques, permettent de mieux cibler la cellule cancéreuse.

La seconde raison est d’ordre purement thérapeutique. Avec l’arrivée ces dernières années de certains traitements novateurs comme les médicaments anti-angiogénèse, le but des thérapeutes n’est plus de guérir (dans un premier temps) la maladie cancéreuse mais plutôt de la stabiliser pour qu’elle devienne une maladie chronique, un peu comme cela a été le cas avec le SIDA et l’arrivée des trithérapies à la fin des années 1990. De plus, les prochaines années verront également l’arrivée de nouvelles molécules en phase de test actuellement qui proposeront un mécanisme thérapeutique tout à fait innovant basé sur le principe des ARN anti-sens dont les premiers résultats expérimentaux ont montré des résultats encourageants vis-à-vis de certaines lignées tumorales.

Article rédigé pour News Santé par le Docteur Erard de Hemricourt


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