Levothyrox : Merck annonce que l’ancienne formule ne devrait plus être disponible après 2018




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Le laboratoire Merck Serono a annoncé cette semaine que l’ancienne formule du Levothyrox ne serait plus être disponible après 2018. Une annonce qui a provoqué la colère des associations de malades.

Les personnes souffrant de la thyroïde connaissent bien le Levothyrox. Oui mais depuis 5 mois, le laboratoire Merck a réalisé, à la demande de l’ANSM, une modification de la formule. Objectif annoncé : garantir une stabilité plus importante de la teneur en substance active (lévothyroxine) tout le long de la durée de conservation du médicament.

Sauf que depuis les déclarations d’effets indésirables imputés à cette nouvelle formule se sont multipliés.

Face à cette fronde et à cette colère fort légitime, les autorités ont décidé d’élargir l’offre de médicaments disponibles dans les officines. Parmi les spécialités proposées, l’Euthyrox. qui correspond à l’ancienne formule du Levothyrox. Dans un premier temps 200.000 boîtes ont été importées de nos voisins européens.

Et si ces importations continuent, l’ensemble des pays européens passeront eux aussi à la nouvelle formule dans le courant de l’année prochaine. Et ces importations ne seront donc plus possibles.

«Nous n’allons pas éternellement réimporter» ainsi prévenu Thierry Hulot, le directeur des activités biopharmaceutiques de Merck Serono.

Il a ensuite précisé que des stocks de l’ancienne formule allaient de nouveau être importés afin d’assurer un nombre suffisant de boîtes jusqu’en mars 2018.  Après cette date, ça risque d’être un peu plus compliqué… même s’il s’est dit prêt à réimporter un peu plus longtemps, le temps que de nouvelles alternatives soient disponibles…

Réplique immédiate de Beate Bartès, présidente de Vivre sans thyroïde. “C’est du raisonnement d’industriel, où on se fiche complètement des malades” a t-elle déclaré qualifiant cette décision de prématurée.

Levothyrox : l’offre actuelle

L’occasion de vous signaler quelles sont les 4 autres spécialités de lévothyroxine actuellement disponibles pour les patients

– Levothyrox comprimé sécable nouvelle formule (Laboratoire Merck)
– L-Thyroxin Henning comprimé sécable (Laboratoire Sanofi), disponible de manière durable en pharmacie depuis mi-octobre 2017
– Thyrofix comprimé non sécable (Laboratoire Uni-Pharma), générique du Levothyrox1 disponible de manière durable en pharmacie début décembre 2017
– L-Thyroxine Serb solution buvable en gouttes (Laboratoire Serb) dont la prescription doit être priorisée à destination des enfants de moins de 8 ans et des personnes présentant un trouble de la déglutition
– Euthyrox comprimé sécable (Laboratoire Merck), médicament équivalent à l’ancienne formule de Levothyrox, mis à disposition pour une durée limitée. Aucune initiation de traitement par Euthyrox ne sera effectuée, au regard du caractère temporaire de la disponibilité de cette spécialité.

Dans un document remis aux patients, l’agence nationale de sécurité du médicaments et des produits de santé rappelle que si votre équilibre thyroïdien est maintenu ou en voie d’équilibre avec votre traitement actuel, il n’y a pas lieu d’en changer.

Pour les patients qui continuent à ressentir des effets indésirables avec leur traitement actuel, ils sont invités à consulter leur médecin afin de choisir le meilleur traitement…

A propos : Les hormones thyroïdiennes agissent sur de nombreuses fonctions de l’organisme (énergie, rythme cardiaque, poids, digestion, mémoire, peau et cheveux, sommeil, humeur, etc.).

Un déséquilibre de ces hormones peut entraîner des symptômes plus ou moins importants.

La prise d’hormones thyroïdiennes de synthèse, telles que la lévothyroxine, permet de pallier le défaut de production d’hormones par la thyroïde. Il est rappelé que le traitement doit être pris de façon régulière.

Pour atteindre le bon équilibre thyroïdien, des ajustements progressifs du dosage de votre médicament en fonction de votre niveau de TSH pourront être nécessaires (ces modalités d’ajustement ne concernent pas les rares déficits en TSH d’origine hypophysaire) (source ANSM)