Sexisme et harcèlement sexuel à l’hôpital : une bien triste réalité




Sexisme et harcèlement sexuel à l’hôpital : une bien triste réalité. Blagues graveleuses, gestes déplacés, harcèlement sexuel… Les étudiants en médecine sont encore trop souvent victimes de ces comportements. C’est pourquoi l’Inter Syndicale Nationale des Internes a lancé en septembre dernier une grande enquête nationale sur le sujet, et ce auprès de tous les internes de France. Objectif : dénoncer ces discriminations dont sont victimes au quotidien les internes; en comprendre l’impact sur les choix de carrière et sur le quotidien des jeunes médecins; proposer des actions permettant de lutter contre le sexisme à l’hôpital durant les études médicales

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Pour info l’ensemble des internes en France ont été invités à répondre à un questionnaire en ligne du 02 septembre 2017 au 16 octobre 2017 par plusieurs canaux de communication : par le biais de leurs associations ou syndicats représentatifs locaux; par le biais de leurs associations de spécialités; par une communication sur les réseaux sociaux. 2946 étudiants dont 75 % de femmes ont répondu à ce questionnaire qui était une enquête strictement confidentielle et anonyme.

Et ses résultats – ils ont été présentés ce week-end lors de l’Université de Rentrée de l’ISNI – sont assez consternants.

Ainsi 86 % des internes subiraient du sexisme ou en seraient directement victimes (blagues graveleuses, mains aux fesses, baisers forcés…etc). Parmi eux 47% se déclarent victime; 39% le subissent mais ne se déclarent pas comme victime.

A noter que 60,80% des femmes se déclarent victime de sexisme contre 7,20% des hommes, un sexisme quotidien présent tout au long des études.

Autre chiffre : 88,4% des internes déclarent avoir été témoins de blagues sexistes dont 35% de manière répétée

Cette enquête a mis également en évidence une influence de ce sexisme sur le choix de carrière et ce dès l’orientation vers une spécialité ou un lieu d’exercice, avec une différence significative de l’accès à des postes de recherche pour les internes victimes de sexisme.

On retiendra également que ce sexisme quotidien a lieu majoritairement au bloc opératoire dans 24,80% des cas; lors d’une visite hospitalière dans 22,20% des cas.

Sexisme et harcèlement sexuel à l’hôpital : ce que préconise l’ISNI

Pour mettre un terme à ces pratiques, l’INSI préconise plusieurs mesures

– Il faut briser ce tabou et dénoncer les auteurs de ces agissements
– Il faut que l’on prenne tous conscience du sexisme au quotidien
– Il faut Lutter contre l’autocensure et permettre l’accès aux carrières hospitalo- universitaire sans aucune discrimination