L’Alsace détient le record en France des AVC




A l’occasion de la journée mondiale de l’AVC qui s’est déroulée ce dimanche 29 octobre 2017, le Réseau Environnement Santé a organisé une conférence de presse ce vendredi 27 octobre avec ses partenaires pour alerter sur la situation alsacienne.

En effet, et au vu des statistiques d’Affections de Longue Durée (ALD), l’Alsace se distingue en France, en ayant le taux le plus élevé et la progression la plus rapide entre 1997 et 2014.

Geralt/Pixabay

Entre 1997 et 2014, l’incidence de l’AVC a globalement augmenté partout en France, mais l’Alsace se démarque par son taux très élevé et sa forte augmentation, surtout chez les jeunes ! L’incidence de l’Affection Longue Durée (ALD) « AVC invalidant » chez les moins de 45 ans a en effet triplé sur la période en Alsace, mais quadruplé dans le Bas-Rhin, contre + 50 % dans le Haut-Rhin.

Comme le souligne les Dernières Nouvelles d’Alsace, c’est d’autant plus frappant que l’Alsace avait le taux le plus faible en France en 1997!

Pour André Cicolella, président du RES, le phénomène est passé relativement inaperçu car les autorités ne s’appuient que sur les chiffres de la mortalité. Sauf que celle-ci baisse régulièrement. « Si c’est bien de ne plus mourir d’un AVC, c’est encore mieux de ne pas en avoir!» a t-il lancé rappelant que les séquelles d’un AVC pouvaient avoir de graves conséquences : du handicap physique à des troubles cognitifs plus ou moins importants.

Un constat qui amène à s’interroger sur les causes environnementales de cette progression. S’agit-il d’un phénomène, de type nouveau, notamment du point de vue des causes environnementales principalement rôle de la pollution atmosphérique ?

S’il se garde bien de tirer de quelconques conclusions, le RES pointe tout de même les particules ultrafines émises par tous les moteurs thermiques qui ne sont pas mesurées en France. Et de faire remarquer que dans certains départements très ruraux (Gers, Ariège, Nièvre…) le nombre de cas d’AVC n’avait pas progressé.

Une des causes directes pour expliquer cette augmentation inquiétante des AVC est la pollution de l’air, rappelle le RES, notamment par les particules ultrafines qui ne sont pas mesurées en France, mais qui sont émises par tous les moteurs thermiques. Ainsi, des départements très ruraux comme le Gers, l’Ariège ou la Nièvre n’ont pas d’augmentation des AVC.

AVC : les facteurs qui augment les risques

L’occasion de refaire un petit point sur les facteurs de risques connus

  • l’hypertension artérielle : c’est le facteur majeur. Vous devez connaître vos chiffres tensionnels ! S’ils sont régulièrement au-dessus de 14/9 cm Hg (ou 140/90 mm Hg), vous devez consulter votre médecin qui pourra débuter un traitement approprié ; dans tous les cas, il faudra réduire vos apports en sel (le sel retient l’eau, c’est bien connu et donc augmente la pression du sang)
  • l’intoxication par le tabac : une consommation de tabac (même une seule cigarette par jour) augmente le risque d’AVC ; arrêter de fumer diminue par deux votre risque d’AVC
  • l’Hypercholestérolémie : elle est souvent familiale. Vous devez donc vous inquiéter et connaître vos chiffres de cholestérol sanguin si quelqu’un dans votre famille est atteint ou traité pour une hypercholestérolémie, ou si plusieurs personnes dans votre famille a eu un infarctus du myocarde. Dans les analyses de cholestérol que le laboratoire vous rend, il y a le cholestérol total, le « bon » cholestérol (appelé HDL) et le « mauvais » cholestérol (appelé LDL). C’est le LDL qui est important de contrôler.
  • le diabète : votre glycémie à jeûn doit être inférieure à 7 mmol/l (1, 26 g/l)
  • certaines maladies cardiaques (arythmie, maladie des valves cardiaques par exemple) qui nécessitent un traitement anrticoagulant toute la vie