La généralisation du tiers payant suscite l’inquiètude




©Girod medical

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Comme vous l’avez très certainement entendu dire, Marisol Touraine veut généraliser le tiers payant afin que les patients soient dispensés d’avance de frais.

Objectif : garantir l’accès aux soins de tous et lutter ainsi contre les barrières financières et toutes les formes de discrimination.

Un projet qui n’est pas sans inquiéter les médecins généralistes qui “ont pu mesurer les aléas et les coûts d’un dispositif de tiers-payant mal conçu”.

L’un des principaux syndicats de médecins généralistes, MG France, tient de ce fait à rappeler sa position constante exprimée à plusieurs reprises.

Le syndicat reconnaît que la généralisation du tiers-payant va permettre de répondre aux difficultés d’accès aux soins de nombreux patients, pour qui avancer les frais peut constituer un obstacle à consulter un médecin.

Toutefois il demande que le tiers-payant ne soit utilisable qu’à trois conditions :

• il devra être facile, et exclure tout travail supplémentaire pour les généralistes qui ne disposent pas de personnel administratif pour cela
• il devra être simple, une facture, un paiement. Les mutuelles et le régime obligatoire doivent s’entendre pour permettre facturation et règlement en un seul flux.
• il devra être garanti, sans vérification préalable des droits.

Autre réaction celle de la CSMF, la Confédération des Syndicats Médicaux Français, pour qui cette mesure n’est qu’une erreur.

Rappelant que le tiers payant existe déjà pour les personnes en situation précaire et que médecins libéraux le pratiquent spontanément et volontiers pour les autres patients, en fonction de leur situation, la CSMF écrit : “Le risque de transformer la carte vitale en carte de paiement est non seulement de déresponsabiliser les patients au regard du coût de leur santé, mais surtout de déprécier les actes médicaux devenus virtuellement « gratuits ».

Et de déplorer également le coût que ferait peser cette mesure sur les médecins (gestion et un contrôle des paiements), un coût estimé à 3€50/acte synonyme de baisse tarifaire.