Nouveau procédé pour contrer les cellules métastatiques




“Nouveau procédé pour contrer les cellules métastatiques” par le Docteur Erard de Hemricourt. La plupart des cancers restent facilement traitables … pour autant qu’ils ne se trouvent pas à un stade trop avancé ou dans une phase de dissémination à distance. Car en effet, si statistiquement la tumeur primitive ne tue que peu souvent le malade (seulement 10 % des cas), ce sont surtout les métastases qui, en apparaissant au cours de l’évolution de la maladie, vont assombrir lourdement le pronostic de la maladie.

En effet, un patient ne mourra pas vraiment de son cancer primitif mais plutôt des métastases – lésions secondaires – qui auront eu le temps d’envahir et de détruire les organes et autres tissus de l’organisme. Il est donc important de détecter la tumeur au stade précoce pour mieux pouvoir la combattre. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas et de nombreux patients présentent d’emblée un cancer avancé avec métastases.

Les outils thérapeutiques actuels, bien qu’en amélioration constante (thérapies ciblées, nouvelles molécules de chimiothérapie, immunothérapie), restent peu efficaces dès lors qu’il faut affronter ces fameuses cellules métastatiques. Or, une équipe américaine vient peut-être de trouver une solution élégante pour mieux faire face aux cellules métastatiques et réduire ainsi la mortalité des patients présentant un cancer au stade avancé.

L’équipe du Professeur Michael King du département d’Ingénieurie biomédicale de l’Université Cornell à New York vient de publier une étude originale expliquant comment, en manipulant certaines molécules à la surface des globules blancs, on pouvait augmenter la capture des cellules cancéreuses circulantes dans le sang et provoquer leur ‘suicide médicalisé’ (Trail-coated leukocytes that kill cancer cells in the circulation. Michael J. Mitchell et al. PNAS. 2014, DOI : 10.1073).

©PNAS

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Au cours de leur vie, les cellules cancéreuses, en raison d’une instabilité génétique importante, vont développer de nouvelles mutations qui peuvent les rendre plus agressives, plus difficiles à combattre mais qui vont surtout leur donner les moyens de disséminer plus facilement, par exemple, en se liant à certaines molécules à la surface interne des vaisseaux sanguins.

En effet, pour pouvoir envahir les tissus à distance, les cellules tumorales qui circulent dans le sang doivent pouvoir à un moment donné s’arrêter, ‘se fixer’ et s’accrocher aux cellules vasculaires pour s’échapper du compartiment vasculaire et envahir le comportement extravasculaire.

Cette liaison se fait au travers de mécanismes complexes qui font intervenir plusieurs types de molécules. L’une de ces molécules est la ‘sélectine E’ qui permet d’ancrer la cellule tumorale à la paroi interne des vaisseaux.

Or, l’équipe du Professeur King a réussi à modifier la surface de certains globules blancs en y ancrant cette fameuse sélectine couplée à une autre molécule dénommée TRAIL (TNF-related apoptosis inducing ligand).

Les premières analyses en laboratoire sont assez enthousiasmantes puisque l’équipe américaine est arrivée à un taux d’élimination de 100 % des cellules cancéreuses qui transitent dans le sang. Dans l’article publié dans la revue PNAS, les chercheurs soulignent l’importance de cette première étape dans le ciblage des cellules tumorales en transit dans la lutte contre les cellules métastatiques.

Selon le Professeur King, les cellules cancéreuses sont condamnées car « nous avons maintenant découvert une approche qui permet d’activer une armée de globules blancs tueurs qui vont provoquer l’apoptose – le suicide cellulaire – avec pour effet de retirer toutes les cellules cancéreuses du flux sanguin. En présence de ces globules blancs, il devient quasiment impossible pour les cellules cancéreuses de s’échapper ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé – Tous droits réservés-
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