De nouvelles données confirment l’action de la vitamine D dans la sclérose en plaques




Vitamine D (CC 2.0)

“De nouvelles données confirment l’action de la vitamine D dans la sclérose en plaques” par le Docteur Erard de Hemricourt.

Nous avions déjà eu en 2012 l’occasion de parler sur santenews.eu de l’association entre niveau d’ensoleillement, vitamine D et l’émergence de la sclérose en plaques.

La sclérose en plaques est une maladie neurologique particulière qui résulte de la destruction, par un mécanisme auto-immunitaire encore peu clair, de la myéline. La myéline est cette substance graisseuse, blanchâtre, qui entoure les neurones et permet d’accroître la vitesse de transmission de l’influx électrique. Cette maladie touche plus fréquemment les femmes entre 30 et 50 ans et peut entraîner de nombreuses complications sur le plan fonctionnel.

Les données épidémiologiques, anciennes et récentes, nous montrent clairement l’existence d’un lien entre l’incidence de cette maladie neurologique et la localisation géographique des individus touchés : il semble, d’après les tables statistiques, qu’au plus un individu s’éloigne de l’équateur, au plus son risque de développer une sclérose en plaques augmente.

Une fois passé le stade des études d’observation, pour bien comprendre le rôle supposé de l’ensoleillement et de la vitamine D dans l’apparition de la sclérose en plaques et de son évolution, il fallait recourir à des études dites d’intervention – c’est-à-dire tester directement l’impact de l’administration de la vitamine D soit en terme de prévention soit en terme de traitement.

Les premières études sur animal indiquaient déjà une certaine efficacité de la vitamine D à haute dose dans le ralentissement de l’évolution de cette maladie auto-immune. Pour expliquer le rôle positif de cette vitamine, les chercheurs avaient émis l’hypothèse d’une action immuno-modulatrice, une action qui passerait donc par une inhibition directe du système immunitaire à l’encontre des constituants neuronaux.

Or, d’après une toute nouvelle étude réalisée au Johns Hopkins Hospital de Baltimore (États-Unis), il semble que la vitamine D n’agisse pas au travers d’une modulation du système immunitaire mais plutôt en faisant barrage à l’entrée de cellules lymphocytaires particulières directement dans le système nerveux central.

Selon l’étude du Dr Gocke qui sera publiée en janvier 2014 dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (1,25-Dihydroxyvitamin D3 selectively and reversibly impairs T helper-cell CNS localization. Inna V. Grishkan et al. PNAS. doi: 10.1073/pnas.1306072110 PNAS December 9, 2013), la 1,25 vitamine D3, administrée à des souris présentant une forme de sclérose en plaques bloquerait la migration des cellules immunitaires à l’intérieur du système nerveux central.

« Avec cette étude, on comprend mieux le rôle de la vitamine D qui semble fonctionner non pas par une action inhibitrice directe sur les cellules immunitaires – comme on le pensait – mais plutôt par une action de blocage, en empêchant le passage des cellules immunitaires directement dans le tissu cérébral » selon le Dr Gocke, professeur de Neurologie à l’hôpital Johns Hopkins.

Ce nouveau mode d’action de la vitamine pourrait résulter en une nouvelle approche thérapeutique qui pourrait être testée chez l’être humain. C’est d’ailleurs l’option qui a été retenue, en particulier à l’hôpital Johns Hopkins, où une étude sur des patients souffrant de sclérose en plaques est actuellement en cours, afin d’évaluer l’impact de l’administration de vitamine D à haute dose sur l’évolution de la maladie.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé – Tous droits réservés-
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