Comment estimer le pronostic d’un patient confronté au cancer en se basant sur son état général  ?




“Comment estimer le pronostic d’un patient confronté au cancer en se basant sur son état général ?” par le Docteur Erard de Hemricourt. S’il est une question très souvent posée par un patient touché par un cancer et qui trouve très difficilement une réponse précise, c’est celle concernant sa survie et le pronostic de sa maladie cancéreuse : « combien de temps me reste-t-il encore ? ».

En effet, il est extrêmement compliqué et parfois réducteur de se baser sur des statistiques globales pour évaluer l’état actuel ou à venir d’un seul patient. On ne peut pas généraliser face à un seul patient. Cependant, pour mieux comprendre l’évolution d’une maladie particulière, les médecins font de plus en plus souvent appel aux données fournies par les individus eux-mêmes.

Il s’agit dans ce cas non plus de données objectives, facilement mesurables mais de données tout à fait subjectives, provenant du patient lui-même et que les spécialistes appellent ‘Patient-Reported Outcome’ (PRO) ou ‘Résultats Rapportés par le Patient’. L’avantage de ces données est justement qu’elles sont subjectives et donnent un aspect beaucoup plus représentatif de l’état général du patient tel que ressenti par lui-même.

L’un des experts concernant les PRO est le groupe européen EORTC (European Organization for Research and Treatment of Cancer) qui, depuis de nombreuses années, étudie les données objectives et surtout subjectives des patients au moyen de questionnaires validés. L’un de ces questionnaires, le QLC-C30 a justement été utilisé pour tenter de savoir s’il était possible de relier certains aspects du patient à sa survie face au cancer (A global analysis of multitrial data investigating quality of life and symptoms as prognostic factors for survival in different tumor sites. Chantal Quinten et al. Cancer 2013 Oct 11. doi: 10.1002/cncr.28382).

Esperity, 1er réseau social

Esperity, 1er réseau social destiné aux patients touchés par le cancer

Pour cela et afin d’étudier de manière rigoureuse la qualité de vie de chaque patient, les chercheurs de l’EORTC ont utilisé le QLC-C30, questionnaire général qui comprend une série de questions classées en différents groupes ou échelles de valeurs : cinq sous-échelles de l’état fonctionnel (physique, rôle, social, émotionnel et social), trois sous-échelles de symptômes (fatigue, douleur, nausée et vomissement), une sous-échelle globale de la qualité de vie et de l’état de santé.

Les chercheurs ont repris une trentaine d’études cliniques réalisées entre 1986 et 2004 incluant plus de 7 400 patients. Un total de 11 types différents de tumeur a pu être répertorié. L’analyse statistique relative à chaque type de cancer a pu effectivement montrer qu’il existait au moins un indicateur de qualité de vie statistiquement représentatif pouvant être relié à la survie des patients, et cela, indépendamment des données objectives généralement étudiées dans les études de cancérologie clinique.

Ainsi, pour le cancer du cerveau (gliome de haut grade), l’état cognitif était l’élément prédictif de la survie ; pour le cancer du sein, c’était l’état physique, l’état émotionnel, la qualité de vie générale et la présence de nausées ou vomissements. Face au cancer colorectal, il s’agissait de l’état physique, de la nausée et vomissement, de la perte d’appétit et de la douleur. Finalement pour le cancer pulmonaire, l’état physique et la douleur ressortaient comme des éléments à considérer concernant le devenir du patient.

Il est important de bien comprendre qu’il s’agit ici d’une association et non d’une corrélation. Il ne suffit pas d’être de bonne humeur ou de garder un bon appétit pour augmenter sa survie. Par contre, globalement, le fait d’être en mauvais état général ou de souffrir de douleurs importantes était associé à une moindre survie.

Ces résultats doivent nous rappeler que le moral et l’état général du patient sont des éléments importants face au cancer et que, comme nous l’ont montré plusieurs autres études scientifiques, de ‘simples’ éléments subjectifs, non facilement investigables, peuvent être des éléments très importants à ne pas négliger lorsque l’on se retrouve face à un patient touché par un cancer.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé – Tous droits réservés-
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