Bisphénol A : oui il y a des risques




Photo : Edgar181 (DP)

Cela fait des années que les associations de protection de l’environnement et de la santé environnementale tirent la sonnette d’alarme et mettent en garde contre les dangers du Bisphénol A sur notre santé.

Cette substance chimique, présente partout ou presque, est accusée d’agir comme un perturbateur endocrinien et d’être impliquée dans des affections aussi variées que les problèmes de reproduction, l’obésité, les cancers du sein et de la prostate, le diabète, les dysfonctionnements thyroïdiens et les problèmes d’attention chez les enfants.

Une récente étude publiée en début d’année a montré que de “faibles concentrations de bisphénol A étaient suffisantes pour agir négativement sur le testicule dans l’espèce humaine”.

Au début de l’année 2012, 3 études citées par le Réseau Environnement Santé (RES) ont confirmé que le Bisphénol A était bien impliqué dans le diabète de type 2 chez l’homme.

Fin 2011, une étude américaine l’a également  accusé d’être lié aux troubles comportementaux des fillettes exposées au bisphénol A in utero, ces dernières présentant davantage de troubles comportementaux à l’âge de 3 ans que les autres fillettes du même âge.

Aujourd’hui, et après avoir proposé au niveau européen, un classement plus sévère du bisphénol A en tant que toxique pour la reproduction, l’Anses publie les résultats de l’évaluation des risques sanitaires associés au bisphénol A.

Un travail qui met aujourd’hui en évidence des risques potentiels pour la santé et confirme la nécessité de réduire les expositions.

Aboutissement de trois années de travail, cette évaluation confirme les effets sanitaires du bisphénol A pointés par l’Agence en septembre 2011, en particulier pour la femme enceinte au regard des risques potentiels pour l’enfant à naître.

Les effets identifiés portent sur une modification de la structure de la glande mammaire chez l’enfant à naître qui pourrait favoriser un développement tumoral ultérieur.  La mise en évidence de ces risques potentiels est néanmoins associée à un niveau de confiance qualifié de « modéré » par les experts au regard de l’état actuel des connaissances et des incertitudes.

Et alors que les principales sources d’exposition alimentaire sont les produits conditionnés en boîtes de conserve (environ 50% de l’exposition alimentaire totale) l’Agence indique également avoir identifié comme source conséquente d’exposition au bisphénol ,  l’eau distribuée en bonbonnes de polycarbonate et la manipulation de papiers thermiques (tickets de caisse, reçus de cartes bancaires…).

Tout comme elle l’avait fait par le passé, et parce qu’il est prioritaire de protéger les populations les plus sensibles  (nourrissons,  jeunes enfants,  femmes enceintes et allaitantes) l’ANSES préconise le  remplacement rapide du BPA par des “substances ou technologies alternatives dont l’innocuité est démontrée”.

Elle recommande également d’acquérir des données scientifiques nouvelles sur la toxicité du bisphénol A en particulier pour les populations les plus sensibles, et de mieux caractériser les expositions.

L’occasion de rappeler que le Parlement a adopté en décembre dernier une loi visant à la suspension de la fabrication, de l’importation, de l’exportation et de la mise sur le marché de tout conditionnement à vocation alimentaire contenant du bisphénol A.