Cancers – des résultats significatifs dans plusieurs cancers dont celui du pancréas




Du 22 au 24 janvier dernier, plus de 3 000 spécialistes étaient réunis pour le congrès de l’American Society of Cancerology (ASCO) spécifiquement dédié à la présentation d’études scientifiques sur les cancers digestifs. Le point avec le Pr Emmanuel Mitry, oncologue digestif à l’Institut Curie, de retour de l’ASCO.

Des données encourageantes sur le traitement des cancers du pancréas

Pr Emmanuel Mitry, directeur médical thématique « digestif, urologie, gynécologie » , gastro-entérologue et oncologue digestif à l’Institut Curie

Pr Emmanuel Mitry, directeur médical thématique « digestif, urologie, gynécologie » , gastro-entérologue et oncologue digestif à l’Institut Curie ©Curie

« Un des résultats important de ce congrès est la présentation d’études positives concernant le traitement cancer du pancréas » souligne le Pr Emmanuel Mitry. Deuxième tumeur digestive en termes d’incidence, devant le cancer de l’estomac, le cancer du pancréas est de mauvais pronostic. Il est traditionnellement traité par unechimiothérapie complémentaire à la chirurgie.

« En situation métastatique, l’utilisation combinée de la gemcitabine (Gemzar®) et du nab-paclitaxel ( Abraxane®) a démontré sa supériorité sur la survie globale des patients en diminuant le risque de décès de 28% par rapport à un traitement par gemcitabine seule ». Une première puisqu’à ce jour aucune association à base de gemcitabine n’avait permis d’améliorer l’efficacité de la gemcitabine utilisée seule.

Pour les tumeurs non métastatiques mais non opérables, l’essai SCALOP a montré qu’après chimiothérapie initiale par gemcitabine, l’association radiothérapie plus capécitabine était plus efficace et moins toxique que l’association radiothérapie plus gemcitabine.

Cancers colorectaux : des essais de phase III chez les personnes âgées

En constante augmentation, ce cancer qui touche environ 40 000 personnes chaque année survient principalement après l’âge de 70 ans.

Pourtant les patients âgés sont paradoxalement moins bien pris en charge que les patients plus jeunes. « Les données de deux essais prospectifs de phase III maintenant connues permettent cependant d’envisager une amélioration. L’essai 2001-02 de la FFCD1, dont j’étais le coordonnateur, présenté il y a quelques mois au congrès de l’ESMO montrait que, contrairement à ce qui est rapporté chez les patients jeunes, une chimiothérapie par FOLFIRI (5FU + irinotécan) était plus toxique mais pas plus efficace qu’une chimiothérapie à base de 5FU seul chez les patients âgés » explique le Pr Mitry.

« L’étude AVEX, présentée lors du congrès de l’ASCO GI apporte de nouvelles informations et montre pour la première fois l’intérêt d’une thérapie ciblée dans cette population âgée » continue-t-il. Cette étude montre qu’un traitement associant la capécitabine (Xéloda®), forme orale du 5FU, et le bevacizumab (Avastin®) est plus efficace (amélioration significative de la survie) qu’un traitement par capécitabine seule, sans majoration importante de la toxicité.

Chiffres clés
• Côlon-rectum : 40 520 nouveaux cas par an
• Pancréas : 9 038 nouveaux cas
• Foie : 8 206 nouveaux cas
• Estomac : 6 438 nouveaux cas
• OEsophage : 4 276 nouveaux cas
chiffres INCA et INVS 2011

De l’intérêt d’une information claire de la population

Le résultat d’une enquête d’opinion (EDIFICE 3) menée auprès de 946 personnes âgées de 50 à 74 ans, cibles de la campagne nationale de dépistage du cancer colorectal, montrent que globalement seulement 8% des personnes (10% chez ceux ayant participé au programme) ont parfaitement compris les modalités de ce dépistage. Ils sont 45% à n’avoir compris ni la nécessité faire une coloscopie en cas de test Hémocult® positif, ni le besoin de refaire le test tous les 2 ans s’il est négatif.

« Cette étude montre l’intérêt d’une nécessaire meilleure information des patients, conclut le Pr Emmanuel Mitry. C’est pourquoi nous avons choisi de mettre en place à l’Institut Curie des consultations « Prévention – dépistage des tumeurs digestives » au cours desquelles les patients reçoivent les informations adéquates ».

Communiqué de presse Institut Curie