Amélioration importante de la survie de patientes traitées pour cancer ovarien par un antidiabétique oral




© Inserm, Gilles Evrard

“Amélioration importante de la survie de patientes traitées pour cancer ovarien par un antidiabétique oral” par le Docteur Erard de Hemricourt. Des chercheurs américains de la Mayo Clinique viennent de publier une étude rétrospective assez étonnante qui révèle une nouvelle action thérapeutique, peu comprise, de la metformine, un agent antidiabétique relativement classique.

Dans cette étude (Metformin intake is associated with better survival in ovarian cancer. A case-control study. Sanjeev Kumar et al. Cancer. 2012; DOI: 10.1002/cncr.27706), les médecins ont repris les données et analysé la survie des patientes traitées par chimiothérapie pour un cancer de l’ovaire entre 1995 et 2010. Ils ont également revu tous les cas de patientes traitées en parallèle par la metformine dans le cadre de leur diabète.

Après avoir analysé toutes les données, il apparaît que la prise de metformine améliore de manière très significative la survie des patientes. Ainsi sur l’ensemble des cas revus (patientes hospitalisées à la Mayo Clinic de 1995 à 2010), 72 patientes souffrant de cancer ovarien avaient pris de la metformine comme antidiabétique oral. Les scientifiques ont ensuite comparé ces patientes avec un groupe contrôle (143 patientes non diabétiques et donc, non traitées par la metformine).

Les médecins ont également inclus un groupe comparatif (103 patientes) comprenant des patientes souffrant du cancer ovarien, diabétiques mais traitées soit par de l’insuline soit par des antidiabétiques oraux différents de la metformine.

Les résultats parlent d’eux-mêmes : 67% des patientes prenant de la metformine étaient encore en vie 5 ans après le diagnostic contre seulement 47% en l’absence de metformine. Et en creusant un peu plus dans ces résultats, les chercheurs se sont rendu compte que la metformine augmentait de 400% la survie face au cancer de l’ovaire si l’on prenait en compte certains paramètres tels que la masse corporelle, le type de traitement administré ou la sévérité du cancer.

Même si ces résultats paraissent très enthousiasmants, il faut selon l’un de co-auteurs, le Dr Kumar, faire attention car il s’agit avant tout d’une étude rétrospective où de nombreux éléments non contrôlés peuvent intervenir. Toute fois comme il le souligne, on est devant une réelle piste et il faut absolument l’explorer avec des études cliniques prospectives.

Par ailleurs, une autre étude montrait il y a quelques mois l’action bénéfique de la metformine dans la réduction globale du risque de cancer chez les individus diabétiques. Selon l’étude conduite à l’époque par le Dr Diego Espinoza-Peralta de l’ Instituto Nacional de Ciencias Medicas y Nutricion à Mexico City, la metformine réduit de 38% le risque de développer un cancer. Cette réduction était surtout manifeste pour les lésions du sein et du colon.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
Suivez-moi sur www.medfut.org, la médecine du futur, le futur de la médecine