Perte d’emploi : nouveau facteur de risque de l’infarctus du myocarde




© Inserm, J. Larrue

“Perte d’emploi : nouveau facteur de risque de l’infarctus du myocarde” par le Docteur Erard de Hemricourt. Mauvaise nouvelle pour les individus se retrouvant au chômage. Et pour une fois, on ne parlera pas d’économie ou de difficultés liées à la perte de revenus ou de repères sociaux. Sur un terrain purement médical et selon de nouvelles données publiées dans la revue Archives of Internal Medicine (The Cumulative Effect of Unemployment on Risks for Acute Myocardial Infarction. Matthew E. Dupre et al. Arch Intern Med. 2012;():1-7. doi:10.1001/2013), le chômage serait associé à un risque accru de développer un infarctus du myocarde.

Les médecins de l’Université Duke en Caroline du Nord ont examiné rétrospectivement l’association entre l’absence d’un emploi (chômage de longue durée, courte durée, perte unique d’un emploi, pertes successives d’emplois variés) et la survenue d’un infarctus du myocarde auprès de plus de 13 400 individus Américains âgés de 51 à 75 ans de 1992 à 2010.

Selon l’auteur principal, même si les conditions ou les circonstances liées à la perte d’un emploi ne sont pas clairement établies, les résultats démontrent cependant qu’il existe un réel lien avec la survenue d’un événement cardiovasculaire. Le risque d’infarctus serait surtout significatif pendant la première année suivant la perte d’un emploi.

Sur l’ensemble des individus suivis, 1 061 cas d’infarctus ont été répertoriés (7,9 %). Au commencement de l’étude, 14 % des personnes étaient déjà au chômage et, au cours de la période de suivi, 69,7 % ont à un moment donné perdu leur emploi (un voire plusieurs emplois cumulés) et 35,1 % ont présenté un chômage de longue durée.

Les données statistiques montrent que ceux qui avaient à leur actif une seule perte d’emploi présentaient une augmentation de 22 % quant au risque de développer un infarctus et que ce risque augmentait proportionnellement avec l’importance de pertes d’emploi (cumulée au cours du temps).

Ainsi, pour les individus ayant au moins 4 pertes d’emploi au cours de la période précitée, le risque était augmenté de 60 % par rapport à ceux ayant un emploi stable. Et ce qui est surprenant dans cette étude, c’est la valeur statistique de cette notion de perte d’emploi comparativement aux facteurs de risque classique tels que l’obésité, l’hypertension, le tabagisme. On est sur le même ordre de grandeur selon les auteurs de l’étude.

Selon le Dr William T. Gallo de l’Université de New York, il est capital de modifier la prise en compte des facteurs de risque cardio-vasculaire pour inclure désormais les facteurs socio-économiques tels que la perte d’un emploi.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
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