Les Français mangent encore trop salé




© Jorge Royan (cc 3.0)

Même si une amélioration a été constatée, les Français continuent de manger trop salé. Ce constat n’est pas bien nouveau puisque plusieurs fois déjà par le passé des études ont montré que Français avaient la fâcheuse habitude de manger trop salé, leurs apports en sel étant encore trop élevés par rapport aux recommandations internationales.

Aujourd’hui une étude l’Anses confirme qu’une diminution de l’apport en sel a bien été observée depuis plusieurs années mais qu’elle reste insuffisante pour atteindre les objectifs de santé publique.

Il faut savoir qu’une consommation élevée peut entraîner de l’hypertension artérielle, cause majeure de maladie cardiovasculaire, d’accident vasculaire cérébral et de néphropathie.

Réduire la consommation de sodium, et donc de sel, est donc depuis longtemps un objectif majeur de santé publique, en France, comme dans le reste du monde.

Selon les chiffres publiés aujourd’hui par l’Anses la consommation moyenne de sel en France reste, chez les adultes, de 8,7 g/j chez les hommes et de 6,7 g/j chez les femmes, hors prise en compte les ajouts de sel de table et du sel de cuisson, soit, de l’ordre de 10g/j chez les hommes et 8g/j chez les femmes au total.

Elle aurait ainsi baissé de 10% au cours des dix dernières années. Pour atteindre l’objectif fixé dans le plan nutrition, il faudrait qu’elle soit de 20%.

Rappelons que l’objectif fixé par l’Organisation mondiale de la santé est une consommation maximale de sel de 5 g/j.

Et si les français ont conscience de ce problème et semblent déterminés à faire les efforts nécessaires, il faut savoir que les 3/4 du sel consommé proviennent directement des aliments et non du sel que l’on rajoute à la cuisson ou dans son assiette.

L’effet est donc  à partager entre les consommateurs et les industriels.

En 2010 les premiers résultats de l’étude NutriNet-Santé nous apprenaient ainsi que les groupes d’aliments qui contribuent le plus à l’apport en sodium dans l’alimentation étaient :  le pain et les biscottes (24,1%), la charcuterie (12,5%), les fromages (8,1%), les légumes préparés (crudités…) ou cuits (6,8%) et les aliments-snacks et aliments de « fast food » (5,9%).

C’est pourquoi l’agence pour la sécurité alimentaire (Anses) réclame avant tout des mesures visant à réduire la teneur en sel dans certains aliments. Parfois du sel “caché” comme dans les  viennoiseries, les céréales et même dans certains gâteaux.

Citée par Le Figaro  le Professeur Irène Margaritis, chef de l’unité d’évaluation des risques liés à la nutrition au sein de l’agence et co-auteur de l’étude, rappelle que le sel, en plus d’être facteur de risque dans l’hypertension artérielle et  les maladies cardio-vasculaires, favorise aussi la perte des minéraux comme le calcium. Et cela peut avoir des conséquences dans des cas d’ostéoporose ou lors de la croissance des jeunes enfants.

Aujourd’hui, parce qu’il est nécessaire d’aller toujours plus, l’Anses préconise la mise en place de nouvelles mesures afin d’augmenter à la fois le nombre de produits concernés et le niveau de réduction des teneurs en sel des aliments transformés.

Pour y parvenir elle recommande qu’une étude de l’impact potentiel de ces actions complémentaires soit engagée.

En attendant l’agence espère pouvoir peser sur les futures décisions européennes afin que l’excès de sel puisse être disqualifiant pour certains produits alimentaires qui s’autoproclament «bon pour la santé».

«Des actions complémentaires, le cas échéant réglementaires, devraient être menées afin d’augmenter à la fois le nombre de produits concernés et le niveau de réduction des teneurs en sel des aliments transformés» indique-t-elle.