Nouveaux marqueurs dans le dépistage précoce du cancer pulmonaire et du mésothéliome




Crédits photo : ©Fotolia

“Nouveaux marqueurs dans le dépistage précoce du cancer pulmonaire et du mésothéliome” par le docteur Erard de Hemricourt. Détecter un cancer au stade précoce est dans la plupart des cas synonyme de rémission voire de guérison. Malheureusement, pour certains cancers, une mise en évidence au stade initial n’est pas toujours possible voire très quasiment improbable.

C’est l’une des raisons qui explique par exemple le taux élevé de rechute, récidive ou de mortalité à 5 ans dans le cancer du pancréas, du poumon ou celui de l’ovaire.

Si les médecins ont bien compris cette urgence en terme de diagnostic, il leur manque souvent l’outil adéquat leur permettant d’agir et de détecter rapidement les premiers signes de cancérisation. Or cette semaine, deux articles fort intéressants sont sortis dans la presse spécialisée : l’un à propos d’un nouveau biomarqueur dans le cadre du mésothéliome (cancer de la plèvre), l’autre au sujet d’une nouvelle protéine dans le cancer pulmonaire.

Pour commencer, citons l’article paru dans le New England Journal of Medicine du 11 octobre à propos de la fibuline-3 (Fibulin-3 as a Blood and Effusion Biomarker for Pleural Mesothelioma, Harvey I. Pass et al. N Engl J Med 2012; 367:1417-1427. October 11).

Le problème rencontré chez les patients ayant été exposés à l’amiante est la difficulté de pouvoir séparer correctement et facilement les lésions pleurales purement inflammatoires (épanchement pleural ou plaques pleurales) des lésions précancéreuses ou franchement cancéreuses.

Avec la mise en évidence de la fibuline-3, les chercheurs américains ont découvert un nouvel outil de détection rapide, fiable et efficace du mésothéliome et cela dès l’apparition des premières cellules tumorales liées au mésothéliome.

Ainsi, selon l’étude publiée, la fibuline-3 permettrait de faire la distinction de manière assez exacte entre d’une part les lésions cancéreuses et d’autre part les lésions inflammatoires et cela avec une sensibilité proche de 97% et une spécificité de 95.5%.

Selon le Dr Raffit Nassan du National Cancer Institute : « la fibuline-3 semble être un meilleur marqueur en terme de sensibilité et de spécificité par rapport aux marqueurs déjà existants ». Une simple prise de sang serait suffisante puisque la fibuline-3 peut être dosée à même le sang.

Un autre article paru cette fois dans le Proceedings of the National Academy of Sciences (Variant Ciz1 is a circulating biomarker for early-stage lung cancer. Gillian Higgins et al. October 16, 2012, doi: 10.1073/pnas.1210107109) fait état des travaux réalisés par l’équipe du Professeur Coverley de l’Université de York sur la découverte d’un nouveau biomarqueur du cancer pulmonaire.

Cette équipe a réussi à mettre en évidence une nouvelle protéine sanguine exprimée par des cellules tumorales pulmonaires uniquement. Cette protéine appelée Ciz1 est un facteur de réplication de l’ADN rencontré dès le stade initial de la tumorigénèse pulmonaire, donc dès l’apparition princeps de lésions cancéreuses. Il suffirait, d’après l’étude de York de réaliser un test sanguin et de doser cette protéine Ciz1 pour avoir la confirmation, au-delà d’un certain seuil sanguin, de la présence d’une tumeur pulmonaire avec un taux d’efficacité dépassant les 95% mais une spécificité de 71 à 75%.

Selon le Professeur Coverley : « ce nouveau test sanguin permettrait de savoir directement si une lésion [pulmonaire] présente des caractéristiques cancéreuses. Il s’agit d’une technique intéressante qui pourrait être couplée à la radiographie pulmonaire ou au scanner thoracique. Ce test permettrait d’éviter également des procédures diagnostiques beaucoup plus invasives telles que des actes chirurgicaux ou d’autres types de biopsies pulmonaires ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
Suivez-moi sur www.medfut.org, la médecine du futur, le futur de la médecine