Combiner les molécules pour mieux traiter les mélanomes




©National Cancer Institute

Associer deux molécules pour obtenir un double effet : traiter le mélanome mais aussi empêcherles cellules tumorales de développer un système de résistance au médicament. Les résultats de l’étude de phase II présentés àl’ESMO 2012 par des chercheurs du WestmeadHospitalet de l’Institut Australien du Mélanome témoignent de l’avenir prometteur de la combinaison de molécules complémentaires et ultra ciblées.

« Après 30 ans de quasi échecs thérapeutiques, les deux dernières années ont vu naître les vraies premières molécules pour traiter le mélanome qui représente 2.5 % des cas de cancers diagnostiqués chaque année dans l’Union européenne», explique le docteur Jean-Pierre Armand, cancérologue, ancien président de l’ESMO.

La moitiédes mélanomes présente une mutation du gène BRAF. Les premiers essais cliniques montraient la capacitéde nouvelles molécules àréduire rapidement certaines tumeur. Mais au bout de plusieurs mois, les bénéfices s’atténuaient au fur et àmesure que les cellules tumorales apprenaient àlutter contre le médicament.

«Ce qui représente un progrès de 60%»

Les mêmes chercheurs du WestmeadHospitalet de l’Institut Australien du Mélanome ont finalement réussi àmettre au point une combinaison thérapeutique qui ralentit le phénomène de résistance aux molécules inhibitrices du gène BRAF. Ces nouveaux médicaments, le dabrafenibet le trametinib, ont permis un réel progrès clinique en matière de survie sans aggravation, de taux de réponse et durée de réponse, chez 182 patients atteints de mélanomes et porteurs de mutations BRAF V600.

L’association dabrafenib/trametinibprolonge la survie sans aggravation de 5,8 à9,4 mois, ce qui représente un progrès de 60 %. Parmi les patients traités avec les deux médicaments aux doses les plus élevés, 41 % ont vu leur tumeur contenue 12 mois après le début du traitement, contre seulement 9 % parmi ceux qui ont suivi la monothérapie. De plus, comme le précise le docteur Georgina Long, qui a menéles travaux, « nous avons observéune réduction des effets de toxicitépar rapport aux monothérapies, notamment cutanés et oncogéniques ».

Le docteur Caroline Robert, responsable des cancers de la peau àl’Institut Gustave Roussy, nous confirme que l’association de ces deux thérapeutiques est un réel progrès et qu’elle attend avec impatience la future association de ces deux médicaments ciblés avec une immunothérapie comme l’Ipilimumad ou mieux encore l` anti PD1(renforce les défenses naturelles) qui administrée en complément devrait encore améliorer les résultats.

Communiqué de l’Institut Claudius Regaud, centre de lutte contre le cancer – Oncopole –Toulouse