Un médecin un peu trop généreux avec ses patients




Il s’appelle Didier Poupardin, il est médecin à la retraite mais sa trop “grande” générosité avec ses patients n’est pas du goût de l’Assurance-Maladie qui lui réclame aujourd’hui la somme de 6000 euros.

Que lui reproche t-on exactement ? D’avoir fait bénéficier à certains patients d’un remboursement à 100% alors qu’ils n’y avaient pas droit.

Une affaire qui n’est pas nouvelle puisque la CPAM le convoquait déjà à ce sujet en 2010. A l’époque il avait expliqué que c’était pour lui un moyen ” de s’opposer au morcellement comptable des malades et aux attaques faites à l’accessibilité aux soins par tous”.

Aujourd’hui c’est une nouvelle étape qui s’ouvre pour Didier Poupardin puisque l’affaire va être examinée par le tribunal des affaires sanitaires et sociales (Tass) de Créteil. En 2010 la même tribunal n’avait pas statué sur cette affaire réclamant une expertise complémentaire.

Selon le Figaro Santé, la CPAM lui reprocherait d’avoir délivré des ordonnances non conformes à 51 malades entre avril 2007 et mars 2008. Préjudice estimé : 2.612 euros. La CPAM réclame en sus une pénalité de 4000 euros.

Pour ce praticien “miliant” présenté par certains comme “le médecin des pauvres” ou “médecin des indigents”, il s’agit aussi de révéler les entraves à l’accès aux soins pour les plus démunis et “la privatisation rampante” de l’assurance-maladie.

C’est en refusant de remplir correctement les ordonnances dites “bizones” que le médecin s’est attiré les foudres de la Sécu. Ces ordonnances spéciales sont utilisées par le médecin pour distinguer les médicaments et examens en rapport avec votre affection de longue durée (ALD) et pris en charge à 100 % et ceux liés à d’autres maladies, pris en charge aux taux de remboursement habituels.

Estimant qu’il n’avait pas à découper ses patients en morceaux et parce que «une angine chez une personne déjà affaiblie par une maladie est beaucoup plus grave que chez quelqu’un d’ordinaire» que Didier Poupardin a refusé de cette faire cette distinction.