Imagerie médicale et cancers du sein : attention aux excès !




Crédit : National Institutes of Health

“Imagerie médicale et cancers du sein : attention aux excès ! par le Docteur Erard de Hemricourt”. Dans un article publié au début du mois de juillet 2012 (Environmental causes of breast cancer and radiation from medical imaging. R. Smith-Bindman. Arch Intern Med. Vol 172 (No 13), July 9, 2012), le docteur Rebecca Smith-Bindman revient sur une vaste étude réalisée durant l’année 2011 qui avait pour but de réévaluer les facteurs de risques du cancer du sein liés aux ‘causes environnementales.

Pour bien comprendre ce que sont ces causes environnementales, il faut tenir compte essentiellement de tout ce qui peut provoquer l’apparition du cancer du sein mais qui ne relève pas de l’influence héréditaire ou de la génétique.

L’étude réalisée et publiée en 2011 par l’Institute of Medicine (Breast cancer and the Environment : A life course approach) avait été demandée par l’une des plus puissantes associations de patientes atteintes du cancer du sein aux États-Unis, la ‘Susan G. Komen for the Cure’ association.

Après avoir passé en revue tous les facteurs de risque potentiels du cancer du sein, les experts de l’Institute of Medicine (IOM) sont parvenus aux conclusions assez étonnantes que les deux facteurs environnementaux le plus fortement associés à l’émergence du cancer du sein étaient : 1) l’exposition excessive aux rayonnements ionisants provenant des examens d’imagerie médicale et 2) les traitements hormonaux instaurés après la ménopause.

De manière assez surprenante, aucuns des facteurs toxiques comme le bisphénol A, les phtalates, les composés chimiques industriels tels que le benzène ou l’oxyde d’éthylène ainsi que certains pesticides (DDT/DDE) n’était lié à une augmentation statistiquement forte du risque de cancer du sein.

Les médecins connaissent depuis le début des années 2000 le risque qu’encourent les femmes ménopausées traitées par une médication hormonale. Par contre, même si certains experts et quelques articles ont déjà relevé la problématique de l’imagerie, très peu de médecins et encore moins de patients sont au courant du risque minime mais réel encouru en cas d’absorption massive de rayons ionisants résultant des examens d’imagerie médicale répétés.

Or, comme le souligne le Dr Smith-Bindman, les médecins devraient tous être mis au courant du risque potentiel qu’ils font courir à leurs patients lorsqu’ils demandent par exemple un CT-scanner. En effet, l’usage du scanner a été multiplié par 5 au cours des vingt dernières années du fait essentiellement de l’augmentation du parc de machines, de la performance de plus en plus importante des nouveaux appareils et du nombre grandissant d’indications cliniques.

Or, si le nombre d’examens prescrits au cours du temps ne fait qu’augmenter, certains protocoles d’examen exigent également des doses de rayons X de plus en plus élevées.

Une des conclusions à laquelle sont arrivés les experts de l’IOM pour réduire de manière substantielle le risque de cancer du sein serait d’éviter toute exposition ‘inappropriée’ aux rayons ionisants. Certains spécialistes du domaine estiment qu’environ 30 % des examens d’imagerie médicale ne servent à rien et sont donc totalement superflus et inutiles. Et certains radiologues pensent même que ce chiffre n’est qu’une approximation optimiste.

Il est donc nécessaire, comme le rappelle le Dr Smith-Bindman dans son article, de rappeler aux patients mais surtout aux médecins prescripteurs que tout examen n’est jamais anodin et que la répétition parfois importante de séries d’examens différents peut accroître le risque tumoral.

L’auteur de l’article insiste également sur l’importance du gouvernement américain quant à l’instauration de normes plus draconiennes vis-à-vis des constructeurs de machines afin qu’ils réduisent les doses nécessaires de rayons délivrés lors de chaque examen médical.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
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