Le premier référentiel français de formation par compétences en ostéopathie 




SNESO

Le Syndicat National de l’Enseignement Supérieur en Ostéopathie (SNESO) a lancé le 5 juin dernier le premier référentiel français de formation par compétence en ostéopathie : « Devenir ostéopathe. Agir avec compétence ». Cet ouvrage, signé par Jacques Tardif, Professeur à l’Université de Sherbrooke, est le fruit de plusieurs années de travail et de la participation des grandes écoles membres du SNESO, des professionnels de la formation, de la pédagogie et du métier.

Le référentiel est centré sur les compétences d’un ostéopathe car, selon Patrick Féval, président du SNESO, « Une profession existe et se perpétue grâce à sa formation permettant l’apprentissage des compétences dont les contenus sont précisément rédigés et justement évalués. Ainsi, ses diplômés sauront l’exercer en toute sécurité, la pratiquer avec efficacité, la développer et la faire évoluer scientifiquement dans l’intérêt de tous. »

Véritable outil au service de la formation et de l’exercice, ce référentiel s’inscrit dans la droite ligne des recommandations de l’Organisation Mondiale de la Santé et servira à terme de référence à une législation plus rigoureuse garantissant la qualité des soins, la sécurité du patient et un exercice professionnel pérenne.

Un ouvrage essentiel pour faire avancer la reforme de la formation en ostéopathie en France

Alors que les 18 propositions du rapport de l’IGAS récemment rendu public font référence à la nécessité et l’urgence de la réforme de la formation des ostéopathes dans notre pays, le SNESO présente le Référentiel « Devenir ostéopathe. Agir avec compétence ». Cet ouvrage est la première réalisation née de la coopération pluridisciplinaire alliant les ostéopathes professionnels, les enseignants (ostéopathes, médecins, fondamentalistes, chercheurs…), les docteurs en droit de la santé, de la recherche pédagogique, les responsables en charge de l’éthique, ceux du monde de l’entreprise (marketing, communication, etc.), les étudiants en ostéopathie. Aux côtés de l’auteur, le professeur Jacques Tardif, nous retrouvons ainsi les contributeurs Joël Moret-Bailly, professeur à l’Université de Lyon -Saint-Etienne, et Philippe Sterlingot, président du Syndicat Français Des Ostéopathes (SFDO).

« Les objectifs du référentiel de formation sont multiples. Celui-ci transcrit de la manière la plus exhaustive possible, l’ensemble des connaissances et des compétences que l’étudiant devra acquérir pour devenir ostéopathe. Par ailleurs, il doit faciliter la mise en œuvre de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE) pour les établissements habilités à délivrer le titre de niveau 1 au Répertoire National des Certifications Professionnelles (RNCP). Enfin, il doit désigner le parcours d’intégration des professionnels de santé désireux d’opérer une reconversion à l’ostéopathie. » explique Patrick Féval, président du SNESO.

• des composantes essentielles éclairant précisément chaque compétence ;
• des situations professionnelles identifiant les contextes de mise en œuvre de chaque compétence ;
• des trajectoires (parcours) de développement définies en étroite relation avec chaque situation professionnelle liées aux domaines de ressources (matières) ;
• des niveaux de développement (rythme de la formation de l’étudiant) associés à chacune de ces trajectoires ;
• des domaines de ressources avec les abrégés des contenus des apprentissages.

L’auteur, Jacques Tardif directeur de la recherche en pédagogie internationalement connu pour ses travaux liés au développement des compétences, explique cette démarche centrée sur les compétences : « Dans la logique de la professionnalisation de l’étudiant en ostéopathie, qu’il soit initialement détenteur ou non d’un diplôme dans le domaine de la santé, cet ouvrage présente un référentiel de compétences explicitant des composantes essentielles, déterminant des situations professionnelles, précisant des trajectoires de développement et définissant des domaines de ressources. Une structuration systémique de tous ces éléments dans le référentiel en autorise des usages multiples, l’introduction des trajectoires de développement constituant certes une innovation cruciale dans le processus de professionnalisation et de certification de l’étudiant en ostéopathie. » .

Le référentiel : trait d’union entre le métier et la formation. Publics concernés

La conception des tableaux des 6 compétences et la rédaction de leur définition font l’objet d’une attention toute particulière, face à la quantité et la densité des informations assemblées. Ainsi, à leurs lectures :

• l’ostéopathe remarquera que le patient est placé au cœur de chaque compétence et du développement des situations professionnelles s’y rapportant,
• l’enseignant ou le formateur obtiendra les objectifs de ses enseignements ou apprentissages ; par une lecture générale, il situera parfaitement sa contribution et, si minime soit-elle, sa fonction majeure dans cet ensemble,
• l’étudiant, placé au centre de la formation, pourra intégrer et en suivre les différents parcours, dans leur cohérence et interdisciplinarité, qu’il aura à valider,
• le candidat à la VAE prendra connaissance des compétences déjà acquises, des apprentissages validés, et identifiera les parcours qui lui restent à développer,
• les différents professionnels de santé auront une idée précise du métier et de la profession d’ostéopathe,
• les Pouvoir Publics se rendront compte des champs de compétences de l’ostéopathe, dans le but de faciliter la réglementation de la formation et de l’exercice.

Le Professeur Jean-Michel Rogez, Doyen de la Faculté de Médecine de Nantes, souligne : « Ce n’est pas si simple, ni si évident que cela, de savoir pourquoi on choisit un métier, et de bien comprendre quelles sont les compétences requises, à acquérir et à développer tout au long de sa vie professionnelle. Formuler tout cela simplement, objectivement et honnêtement, c’est ce que réussit à faire cet ouvrage.».