La médecine 2.0 à l’assaut du diabète




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“La médecine 2.0 à l’assaut du diabète” par le Docteur Erard de Hemricourt. Qu’on le veuille ou non, la médecine se transforme. Et cette évolution est en train de prendre un nouveau tournant sous l’impulsion des différentes innovations technologiques rendues possibles par l’utilisation de l’internet et des smartphones.

Ainsi, on parle de plus en plus de Médecine 2.0 où le patient peut lui aussi jouer un rôle de plus en plus actif dans la prise en charge de sa maladie en aidant le médecin, souvent débordé et ayant de moins en moins de temps à consacrer à la consultation médicale.

Les premières études validant cette nouvelle approche et cette nouvelle relation ‘patient-médecin’ sont publiées depuis quelques années et il est encore trop tôt pour apprécier l’importance qu’aura cet aspect dans la médecine de demain.

Quoi qu’il en soit, une nouvelle étude australienne vient confirmer le bénéfice de la médecine 2.0 dans la prise en charge du diabète de type I. Cette étude sera montrée lors du prochain congrès Medicine 2.0 qui se tiendra à Boston en septembre prochain (Randomized Controlled Trial of a Diabetes Self-Management SmartPhone App for Patients with Type 1 Diabetes. Morwenna J Kirwan et al. Institute for Health and Social Science Research, Central Queensland University, Rockhampton, Australia).

Cette étude a consisté à comparer deux groupes de patients australiens souffrant de diabète de type I. L’un des groupes comprenait des patients suivis de manière régulière, conventionnelle et l’autre groupe bénéficiait d’une approche plus technologique. Les patients du second groupe avaient été recrutés soit par un courrier de l’Association locale du Diabète soit par un mail envoyé au départ d’un forum communautaire lié à la maladie diabétique.

Sur plus de 8 000 invitations envoyées, un peu moins de 200 patients ont répondu et accepté de participer à l’étude. Parmi ceux-ci, pour des critères de sélection stricts, seuls 72 ont été retenus et inclus dans le groupe 2. Ces patients devaient télécharger une application sur leur smartphone (Glucose Buddy) dans laquelle les individus avaient la possibilité de noter régulièrement leurs glycémies à différents moments de la journée, leurs apports alimentaires, leurs activités physiques, etc.

Chaque semaine, ces patients envoyaient un mail reprenant en résumé les différents paramètres enregistrés et de même recevaient des réponses par mail de différents spécialistes du diabète (au moins un mail par semaine durant 6 mois). Évidemment, le suivi normal était également de rigueur pour les deux groupes de l’étude incluant une visite régulière à leur médecin de famille en charge de la maladie diabétique.

Cette étude a porté sur une durée totale de 9 mois avec une collecte des informations tous les 3 mois. Le paramètre d’évaluation principal était le contrôle glycémique par la mesure de l’hémoglobine glyquée (HbA1c). Les paramètres d’évaluation secondaires étaient liés plus à la qualité de vie des patients et de prise en charge.

Après analyse des résultats, les patients qui utilisaient l’application sur leur téléphone et qui interagissaient au moyen de mails avec les spécialistes ont présenté une réduction significative de leur taux d’HbA1c (-1.28) comparé aux patients qui étaient suivis de manière plus conventionnelle (+ 0.11 – en augmentation donc).

Quelles conclusions peut-on en tirer ? Tout d’abord, peu de patients ont répondu de manière effective à la lettre d’invitation ce qui n’est pas étonnant puisqu’on n’en est qu’au tout début de la prise de conscience de l’apport technologique dans le domaine de la santé. Ensuite, ceux qui ont répondu – et qui étaient d’une certaine façon plus motivés – ont effectivement pris leur santé en charge d’une manière plus efficace avec à la clé un impact sur leur maladie puisqu’à l’arrivée, seul le groupe 2, ayant utilisé leur smartphone montrait une réduction du taux d’hémoglobine glyquée.

Il serait intéressant de reproduire cette étude (ou toute autre étude dans le domaine du médical) à plus large échelle et de voir si des résultats positifs se dégagent effectivement et répondent aux nombreuses attentes des différents spécialistes du secteur.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés