Des cas de cancers en hausse de 75% d’ici à 2030




L’augmentation alarmante du nombre de cas de cancers, telle qu’elle est constatée depuis plusieurs années, est une bien triste réalité. Malheureusement cette tendance ne semble pas prête à s’inverser. Telle est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs du Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), publiée ce vendredi 1er juin dans la revue Lancet Oncology.

Cette étude démontre de manière remarquable comment le fardeau croissant du cancer va toucher principalement certains pays en transition sociale et économique, mais aussi que les types de cancer les plus fréquents sont en train de changer.

Ainsi les cas de cancers dans le monde devraient s’accroître à un rythme bien plus soutenu que celui de l’accroissement naturel de la population. On estime ainsi que le nombre de personnes atteintes d’un cancer devrait passer de 12,7 millions en 2008 à 20,3 millions en 2030, soit une hausse de 75%. Le nombre de décès liés à ces cancers devrait passer de 7,6 millions en 2008 à 13,2 millions en 2030

Selon le communiqué officiel du CIRC, si le cancer est aujourd’hui la principale cause de décès dans de nombreux pays à revenus élevés, il va devenir une cause majeure de morbidité et de mortalité dans toutes les régions du monde dans les prochaines décennies.

Des hausses sont attendues au niveau mondial pour les cancers colorectaux, du sein et de la prostate et pour les pays les plus riches pour les cancers du poumon pour les femmes.

Pour les auteurs de cette étude cette hausse généralisée peut être attribuée à un effet « d’occidentalisation » de pays qui connaissent une transition économique et sociale rapide, avec une réduction des cancers d’origine infectieuse et une hausse plus importante des cancers associés aux facteurs de risque génésiques, alimentaires et hormonaux.

D’après le Dr Freddie Bray, auteur principal de ce rapport : “Cette étude devrait servir de catalyseur pour la poursuite des travaux sur l’inégalité entre individus en matière de cancer au plan mondial, et permettra de mieux comprendre comment et pourquoi les déterminants macroéconomiques influencent l’incidence, la mortalité et la survie associée au cancer”. Il conclut : “Il est impératif que les cliniciens et les spécialistes de la lutte contre le cancer soient alertés sur l’ampleur croissante de l’incidence et de la mortalité associée au cancer à travers le monde ; cette analyse permet de souligner le besoin d’initiative au plan mondial pour réduire le fardeau du cancer”.

Pour le Docteur Christopher Wild, Directeur du CIRC “Les pays doivent tenir compte des résultats de cette étude et des défis spécifiques auxquels ils feront face et privilégier les interventions ciblées pour lutter contre les hausses attendues du fardeau du cancer par des stratégies de prévention primaire efficaces, un dépistage précoce, et des programmes thérapeutiques efficaces”.