Pour lutter contre le tabac, il faut taxer encore plus




©Organisation Mondiale de la Santé

Alors que se déroule aujourd’hui la Journée mondiale sans tabac, notre Académie de Médecine se prononce en faveur d’une politique fiscale plus dissuasive encore. Pour les membres de l’Académie, c’est le seul moyen pour réduire considérablement le nombre de fumeurs.

Si les hausses de prix sont régulières, elles ne profiteraient selon l’Académie qu’aux industriels et aux buralistes. En clair les augmentations décidées ces dernières années n’ont pas été suffisantes pour entraîner une baisse de la consommation.

Depuis plusieurs années déjà l’OMS préconise une hausse de 10% du prix des cigarettes durant 5 ans, hausse qui permettrait une baisse de 4% de la consommation mondiale.

Mais plus qu’une politique tarifaire, l’OMS appelle aujourd’hui l’ensemble des dirigeants nationaux à renforcer leur vigilance contre les attaques de plus en plus agressives des industriels du tabac.

Et de rappeler que le tabac tue près de 6 millions de personnes chaque année (soit la moitié de ses consommateurs) et qu’il est l’une des premières causes évitables de morbidité et de mortalité dans le monde.

L’organisation ne manque pas de rappeler que le tabagisme passif fait également beaucoup de dégâts puisque 600 000 personnes en seraient victimes chaque année dont de nombreux enfants.

Aujourd’hui pour l’OMS il est indispensable de combattre l’ingérence de l’industrie du tabac qui trop souvent abuse de manœuvres pour détourner les procédures politiques et législatives, manipule l’opinion publique pour se donner une apparence de respectabilité et intimide parfois les gouvernements en les poursuivant en justice ou en menaçant de le faire.

A l’occasion de cette journée de lutte, mais aussi durant toute l’année 2012, l’OMS invitera instamment les pays à mettre la lutte contre l’ingérence de l’industrie du tabac au cœur de leurs efforts pour juguler l’épidémie mondiale de tabagisme.