La restriction calorique meilleure que l’exercice physique pour réduire l’inflammation chronique




“La restriction calorique meilleure que l’exercice physique pour réduire l’inflammation chronique” par le Docteur Erard de Hemricourt. L’excès de poids n’est pas bon. Il s’agit d’une notion tellement évidente qu’elle ne se discute même plus. Et il n’est pas seulement question du risque cardiovasculaire mais également de l’impact à long terme du surpoids et de l’obésité sur l’apparition de certains cancers comme celui du sein, du colon ou des ovaires.

Mais quel est le lien précis entre cet excès de graisse corporelle et le développement au long cours des premières cellules cancéreuses ? Un grand nombre d’études a pu montrer que la graisse abdominale (et pas seulement la graisse visible de l’extérieur mais également la graisse viscérale, enfouie dans la cavité abdominale) possédait une action endocrinienne pure avec libération de certaines hormones comme la leptine et d’autre part s’accompagnait d’une inflammation chronique à bas bruit qui, pense-t-on, serait l’élément clé dans la tumorigénèse cellulaire.

La théorie inflammatoire de l’obésité a été vérifiée non seulement chez l’animal mais également chez l’être humain avec mise en évidence d’une augmentation de certains marqueurs de l’inflammation chez les individus obèses tels que le TNF-alpha, le CRP ou d’autres molécules comme les interleukines (Ile-1, Ile-6).

Des médecins américains se sont penchés sur la question de savoir s’il était possible de modifier ces marqueurs de l’inflammation associés à l’excès de graisse corporelle et quelle était la meilleure manière de procéder. Ils viennent de publier une étude concernant l’impact de la restriction calorique combinée ou non à un exercice physique régulier sur les marqueurs inflammatoires liés au surpoids et à l’obésité (Ikuyo Imayama et al. Effects of a Caloric Restriction Weight Loss Diet and Exercise on Inflammatory Biomarkers in Overweight/Obese Postmenopausal Women: A Randomized Controlled Trial. Cancer Res May 1, 2012 72; 2314. doi: 10.1158/0008-5472.CAN-11-3092).

Les médecins du centre de cancérologie Fred Hutchinson à Seattle aux États-Unis ont inclus dans leur essai randomisé un ensemble de 439 femmes post-ménopausées réparties en 4 groupes : a) régime calorique pur, b) régime calorique combiné à un exercice physique, c) exercice physique pur et d) groupe contrôle (aucune régime et aucune activité physique). Précisons que toutes les personnes étaient en surpoids ou obèses.

Le but honorable pour les personnes participant à cette étude était d’obtenir au bout d’une année de suivi une perte de poids équivalant à au moins 10 % du poids de départ. Au cours du suivi ayant donc duré une année, plusieurs marqueurs sanguins de l’inflammation ont été scrutés tels le CRP (protéine C réactive), le sérum amyloïde A, l’interleukine 6 ainsi que le nombre de leucocytes et le pourcentage de neutrophiles.

Au bout de l’étude, les médecins ont enregistré une réduction significative de tous les marqueurs de l’inflammation avec une baisse de 36 % du CRP dans le groupe associé à la restriction calorique pure et de 42 % dans le groupe combinant le régime calorique associé à l’exercice physique. De même, l’interleukine 6 était réduite respectivement de 23 et 24 %.

Par contre, le groupe ayant suivi un entraînement physique régulier mais sans régime calorique ne montrait aucune modification notable des paramètres inflammatoires. Cela signifie donc que l’exercice physique sans modification du régime alimentaire, d’après ces résultats, ne modifie pas le profil sanguin des molécules inflammatoires.

Cette diminution des marqueurs inflammatoires dans le groupe restriction calorique – avec ou sans exercice physique – était déjà perceptible lorsque les participantes avaient perdu 5 % de leur poids de départ.

Selon le Dr McTiernan ayant mené cette étude : « ces résultats montrent qu’il est possible de modifier l’inflammation directement au moyen de moyens non pharmacologiques. Une réduction de 40 % de la CRP ‘pourrait’ être liée à une réduction du risque de cancer du sein, de l’endomètre et d’autres cancers chez la femme post-ménopausée ».

Et dixit le Dr Louis Aronne du New York Presbyterian Hospital : « voici des résultats qui confirment qu’une faible réduction de poids est associée à une diminution du nombre de cellules graisseuses dans l’organisme mais surtout à une réduction des hormones inflammatoires dans le sang ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
Crédit photo : ©Bill Branson, National Cancer Institute

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