Risque accru de récidive de cancer du sein en cas d’excès de poids.




Crédit photo : ©Bill Branson, National Cancer Institute

“Risque accru de récidive de cancer du sein en cas d’excès de poids” par le Docteur Erard de Hemricourt. D’après une étude présentée actuellement à la Conférence Européenne sur le Cancer du Sein (EBCC-8 – Patient related factors and responsive therapy), les femmes en excès de poids, porteuses d’un cancer du sein, souffriraient d’un risque accru de récidive tumorale.

Les spécialistes avaient déjà connaissance de l’augmentation du risque de développer un cancer du sein chez les patientes en excès de poids (ce qui correspond tout de même à environ 68 % de la population américaine et un peu moins pour la population européenne). Nous savons désormais que l’excédent de poids s’accompagne également d’une évolution péjorative en cas de diagnostic de cancer du sein préétabli.

L’équipe du Dr Jennifer Liebel du Dana-Farber Cancer Institue à Boston aux États-Unis a analysé les données récoltées auprès de 1909 patientes suivies pour un cancer du sein avec atteinte ganglionnaire à partir de 1997. Le but de l’étude CALBG 9741 était au départ d’analyser le dosage idéal de différents agents chimiothérapeutiques dans la maladie cancéreuse. Une fois l’étude clôturée, les médecins ont commencé à analyser de plus près les données. Ce faisant, ils ont regardé s’il existait une éventuelle relation entre l’index de masse corporelle et la survie sans récidive ainsi que la survie globale.

Précisons que parmi les femmes incluses dans l’étude, 32,6 % avaient un poids normal, 32,9 % et 33,3 % étaient respectivement en surpoids et obèses. 49 % des patientes étaient post-ménopausées et 65 % des patientes étaient porteuses d’une tumeur exprimant le récepteur à l’œstrogène.

De cette étude, il ressort que l’index de masse corporelle est très clairement corrélé à la survie globale et la survie sans récidive tumorale : ainsi, si à 10 ans, la survie sans récidive chez les patientes en excédent de poids était de 70 %, cette survie était réduite à 65 % en cas d’obésité.

Paradoxalement, si les experts connaissent très bien le risque de développement tumoral lié à l’accumulation de graisses dans l’organisme, les données sur l’évolution d’un cancer déjà diagnostiqué sont moins fournies et moins claires.

Or, cette étude apporte une nouvelle information qui dit clairement les choses : les femmes présentant un cancer du sein et ayant quelques kilos en trop ont tout intérêt à modifier leur mode de vie et perdre leur excédent pondéral afin d’accroître leurs chances de survie face à la maladie.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés